9 semaines et demi

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Quand j’ai appris ce 17 décembre 2010 que « tournez manège » ne serait plus diffusé sur le petit écran, j’ai eu un moment de panique. Cette émission m’accompagnait quotidiennement pendant mes séances de sport en fond sonore. Qu’allais-je devenir ? Alors l’idée m’est venue de m’attaquer ou me ré-attaquer à quelques films dormant dans le placard. Je vous ferai grâce des « Coyote Girls », « American girls » ou autres films du genre. Soyez rassurés, pas d’analyses sur ces chefs d’œuvre post 2000.

Au milieu de tant de beautés, je suis tombée par hasard sur 9 semaines et demi. Connaissant de nom et de réputation (classé film culte), toute cinéphile que je suis, je ne l’avais pourtant jamais vu.

25 ans après sa sortie, comment vit-on cette découverte en 2011 ?

L’histoire pour les incultes dans mon genre

Elizabeth (Kim Basinger) est une femme active, employée dans une galerie d’art de New York, la Spring Street Gallery. Elle mène une vie somme toute banale, heureuse dans sa routine.
Elle fait la rencontre, lors de courses chez un épicier chinois, de John (Mickey Rourke). Cet homme mystérieux va l’envouter et l’entraîner dans une relation amoureuse complexe (interdite aux moins de 12 ans à l’époque). Cette idylle va pourtant tourner court au bout de neuf semaines et demi (d’où le titre !).

Décortiquons !

Tout d’abord comme tous les films présentés à ce jour sur Ludomaniaque, on aime beaucoup ou pas du tout. Mais cette fois-ci, une troisième possibilité s’invite : on a aimé en 1986 !
Et oui, car un certain fossé persiste entre hier et aujourd’hui. Pas le « hier » d’hier mais celui de « à l’époque ». En voyant ce film, on se rend compte à quel point la société a changé en 25 ans, surtout et heureusement dans la manière de s’habiller ! Mais on se rend compte également quelle qualité médiocre de l’image on nous imposait… Ce film a, à l’époque, été classé culte assez rapidement, notamment grâce à une scène de strip-tease sur le devenu célèbre Joe Cocker. Ce passage fut alors jugé comme l’une des plus belles scènes érotiques de l’histoire du cinéma.
Pourtant, je ne mettrai pas ma main au feu que je ne pourrais pas faire mieux, quoique !

L’analyse du film ne peut donc pas totalement se faire avec les yeux de l’an 2011. je ne peux pas non plus le faire avec mes yeux de 1986, puisque je n’aurais pas été autorisée à entrer dans la salle de cinéma ! Il faut donc essayer d’aborder ce film avec un minimum d’indulgence du à son grand âge, n’ayant pas eu la chance d’aussi bien vieillir que Kim mais plutôt comme Mickey.

L’histoire se déroule au début sans grande imagination : une femme rencontre un homme. Le coup de foudre. Ils décident de se revoir… Et se retrouvent en couple. Je sais, c’est affreux, mais ça s’appelle la vie, il paraît !
Sauf que ce couple n’est pas tout à fait « normal » au sens de comportement moyen.
Elizabeth, est une femme qui s’ennuie dans sa petite vie dévouée au travail, mais elle ne le sait pas encore. En rencontrant John, elle se découvre, apprend à se connaître. John, quant à lui, joue sur le mystère et le secret. Il refuse de partager une vie sociale avec Elizabeth en rencontrant ses amis par exemple. Pas de quoi non plus crier au scandale. Bénabar non plus ne veut pas diner chez des amis, et on ne lui jette pas de pierres à lui !
A l’excès John laisse donc sa vie personnelle dans l’ombre. On ignore tout de lui jusqu’à ses sentiments. Et pourtant il en a tellement. Il initie sa bien aimée à des pratiques sensuelles et sexuelles en dehors des normes « Elizabethiennes » et tente par différentes façons d’éveiller chez elle son désir. Il est véritablement dévoué tout entier à sa partenaire : la fait manger, l’habille, lui interdit de faire la vaisselle (ouahhh la chance !), la coiffe, l’éduque… Une relation qui semble à sens unique. En effet, que lui apporte-t-elle en retour ? hummmm des contrariétés ? 😀

John prend le contrôle total de cette éducation, en expérimenté professeur ès plaisirs de la vie à temps complet, et un rapport de domination s’instaure. Je t’apprends, tu écoutes, regardes et exécutes. Cette situation est d’autant plus violente qu’Elizabeth n’assume pas totalement le rôle de dominée ni ce qu’elle ressent. Elle hésite à repousser ou à accepter ses nouvelles sensations. Finalement, ces rapports de force lui font peur, les limites entre le jeu et la réalité devenant floues.

On découvre, sans grande surprise, que cette femme active, assumant ses choix professionnels n’a aucun charisme dans la vie de couple. Dire « non », ou au moins essayer… la petite perception de caractère qu’on espère voir en elle. Pauvre petit oiseau sans défense tombé du nid qu’elle est ? … Ha zut, mes maudites séquelles de féministe reviennent. J’ai du oublier de prendre mes cachets ce matin !

La rencontre avec le peintre Fansworth, vieil homme vivant simplement, est THE élément déclencheur qui marquera la véritable rupture entre Elizabeth la bébête et son fabuleux mentor.
Et c’est donc sans respect pour son initiateur qui lui a ouvert les yeux à tant d’expériences, qu’elle s’en va, laissant le pauvre et très amoureux John tout malheureux. Et oui, c’est seulement à la fin du film que cette grande bécasse s’aperçoit que « mais en fait, j’ai le choix, si ça me plait pas, j’ai qu’à partir »….
John n’a décidément de pervers que son amour débordant pour elle et la laisse partir conscient de ce qu’il a perdu.

Les rapports humains sont donc à l’évidence un grand sujet du film. Outre le sexe et la sensualité qui émoustillent certainement moins qu’il y a 25 ans, c’est le couple tout entier qui est vu à la loupe.
Se posent alors les questions du rapport de force dans le couple, des limites entre fantasme et réalité, la possession de l’autre physiquement réelle, la notion de jeu ?

Une atmosphère particulière

Pour traiter de ces rapports humains complexes le film nous plonge dans cet univers de différentes manières.
Tous les sens sont représentés pour illustrer l’intimité et la passion (ouïe, toucher, odorat, goût, vue).
Dans notre ère écolo anti gaspi, on se révoltera plus d’une fois qu’une porte de réfrigérateur reste ouverte ou que la nourriture soit gaspillée.
On ajoute à tout cela une pelle de sentiments et d’émotions : attente, doute, colère, excitation, solitude… sans oublier l’Amour sous diverses formes.

Coté mise en scène, les jeux de lumières sont nombreux, la musique est omniprésente, les dialogues sont clairsemés.
Tout cela concourt à l’ambiance mystérieuse mais également électrique rythmée par les scènes sensuelles et sexuellement soft. D’aucuns trouveront l’ambiance parfois dérangeante, pour les vrais réfractaires à ces pratiques ou ceux qui s’en persuadent.

Conclusion très personnellement personnelle

Même après 25 ans, ce film n’est pas si vieux. Il traite de sujets encore actuels sur les rapports dans le couple. Toutefois, in my mind, il reste un hymne à la bêtise des femmes et à leur caractère foncièrement indécis. A aucun moment cette héroïne n’assume ses sentiments et refuse de ressentir autre chose que ce que la société lui inculque. Elle se complait dans sa banale vie pépère à exiger une relation parfaite sans rien donner en retour à part son rejet systématique de petite fille prude sortant du couvent.
Elles sont des millions comme ça ? Pauvres hommes!

7 COMMENTAIRES

  1. Moi j’ai bien aimé se film même si la fin ma un peut déçu ! Mais dit donc qu’est ce qu’il étais beau a l’époque *_*

  2. Je ne suis pas totalement d’accord avec toi! En résumé tu a bien synthétisé le sujet mais ce film malgré qu’il soit vieux nous apporte beaucoup plus! même avec un oeil 2012!
    Il nous offre un autre vision de la vie de couple, une vie qui sort du cliché. Il n’y a pas de bien ou de mal dans leur relation, elle est hors des normes. C’est un homme égocentrique et immature qui fuit la vie que vivent ses collègues de travail, mais il est amoureux et fidèle, comme peu d’homme à n’importe quelle époque.
    Elle, c’est une femme influençable qui cherche à pousser ses limites et qui malgré des comportements étrange de son homme reste optimiste et ne s’autorise qu’a voir les bons coté!
    C’est mon point de vue, mais j’ai beaucoup d’amis qui pensent tout autrement et c’est ce qui est magique dans ce film, le fait qua chacun peut retrouver quelque chose de familier.

  3. « Et puis, je ne pouvais décemment pas me révolter sans preuve! 😀 »

    Ahahah pourtant c’est un peu le sport national sur ludomaniaque … en tout cas c’est ce que Djou fait sur chacun de ses articles aahahah

  4. La frontière entre spoiler et une analyse poussée est imprécise. Comment discuter subjectivement des qualités et défauts sans révéler certains détails?
    En même temps, je tue seulement l’ombre du semblant de suspense… s’il existe!

    Et puis, je ne pouvais décemment pas me révolter sans preuve! 😀

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