Etre clair pour se faire comprendre…

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En gros faisons simple ! Dans toutes les situations, rappelez vous de cet « adage » (phrase courte, dont l’application est considérée comme vraie par de nombreuses personnes). Dans le monde équestre cette phrase est pleine de bon sens, dans les relations enseignants-cavaliers, mais aussi dans la relation cavalier -cheval.

Débourrage de Sophie la comtoise - Photo B. Luquet

Pourquoi parler de quelque chose qui parait si bête. Bien évidemment que nous sommes tous capables de faire simple… Encore faut-il y penser.
Je pense que les enseignant ou les cavaliers auraient tout à y gagner. Il suffirait de penser à cette phrase tout le temps.

Relations Enseignant – Cavalier ou Cavalier – Cavalier

Je me suis rendue compte, en discutant avec des membres de l’association Allège idéal dernièrement, que même avec la meilleure volonté du monde, si les gens ne se comprennent pas il ne peut y avoir de discussion, et donc de compréhension. Je pense que c’est ce qui empêche la promotion de l’équitation de « légèreté ».
Les américains n’ont pas eu ce genre de souci pour promouvoir l’équitation éthologique. Ils ont su développer une méthode très simple (des jeux) que tout le monde peut comprendre et appliquer.
Prenons un exemple : si un chinois parle à un anglais comme s’il parlait à un autre chinois en criant, s’énervant et gesticulant de tous les cotés, l’anglais ne comprendrait rien du tout (à moins qu’il ait fait des études de chinois…) et en plus n’aurait même pas envie d’essayer de comprendre.
Alors que si le chinois essaie de faire simple, en parlant doucement, en dessinant (forme de communication simple) ou en montrant du doigt des objets, il pourra plus facilement se faire comprendre, et même s’il n’y parvient pas de suite il encouragera l’anglais à essayer de le comprendre.

Ces problèmes entre ‘humains » existent de la même manière entre le cavalier et son cheval. Si vous n’arriver pas à « parler » avec votre cheval de manière claire, celui ci ne pourra pas comprendre et si vous faites mal au cheval il ne voudra pas comprendre.

Relations Cavalier – Cheval

Vous avez tous à l’esprit « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux ». Ces personnes ne sont pas des des extra-terrestres. Elles ont tout simplement développé leur faculté de communication avec les chevaux. En essayant de faire comme eux par exemple. Mais aussi et surtout en donnant des informations simples à comprendre à l’animal, pour être sur de ne pas avoir une mauvaise interprétation.

Je parle donc de nous, les cavaliers pleins de bonnes intentions. Nous faisons en sorte de faire de « belles » choses avec notre cheval. Je ne parle pas de dressage de haut niveau ou de concours d’obstacle en 1ère catégorie juste de cavaliers qui veulent que leur cheval soit juste agréable à monter. Qu’il ne bouge pas au montoir, qu’il s’arrête lorsqu’on lui demande et qu’il ne parte pas en coup de cul à la moindre occasion.

Pour faire tout cela nous avons des informations à transmettre à notre cheval. J’en ai déjà parlé dans un article précédent, mais pour féliciter son cheval une caresse et un mot « doux » seront plus efficaces qu’une claque et un cri.

J’ai un exemple plus détaillé pour vous : arrêter son cheval.

Pour arrêter son cheval est-ce que l’enchainement, « tirer » sur la bouche de son cheval et basculer son haut du corps vers l’arrière, peut-être facilement compris comme une demande d’arrêt ? Est ce que votre cheval va être content de s’arrêter ? Est-ce que la prochaine fois que ferez ces gestes il s’arrêtera plus facilement ?

Lorsque je tire sur les rênes, je fais « bouger » le mors dans la bouche du cheval. Lorsque l’on dit au cavalier de tirer sur ses rênes pour s’arrêter on ne lui parle jamais de l’énergie qu’il doit mettre dans ses mains pour arrêter le cheval. On fait plutôt confiance à : s’il arrive à arrêter son cheval c’est que la puissance de l’action a été suffisante. Or, lorsque l’on tire sur les rênes on a une action directe sur le mors placé dans la bouche du cheval. Le cheval bienveillant va s’arrêter parce qu’il n’a pas d’autre choix, celui plus malin va tirer à son tour et continuer d’avancer.*
Le mors peut « abîmer » la bouche du cheval. Pas physiquement, sauf cas particuliers avec des mors pas bien ajustés et trop sévères, mais plutôt dans l’interprétation que va avoir le cheval de son action. La bouche du cheval peut devenir de moins en moins sensible aux informations venant de nos mains (grâce au mors et aux rênes).Pour comprendre plus facilement si vous tirez fort lundi pour arrêter votre cheval il faudra tirer plus fort mardi pour obtenir la même chose.
En même temps que les rêne notre cavalier met les épaules en arrière.
Un cheval ressent le poids de notre corps. C’est pas une nouveauté mais ça échappe à de nombreux cavaliers. Imaginez vous à la place du cheval avec son cavalier qui en même temps tire sur la bouche et se bascule en arrière. En plus, en basculant vers l’arrière le cavalier va encore plus tirer sur les rênes. Eh oui… nos bras et nos mains sont attachées à notre corps… là encore je ne vous apprend rien. Essayez de basculer le haut du corps en tenant vos rênes… Elles vont forcément vers l’arrière à moins de penser aussi à les avancer mais là ça fait beaucoup de choses à faire.

Mon conseil : Il vaut mieux y aller progressivement. Sur un cheval débutant ou expert, l’arrêt se prépare. Il faut que le cavalier (quelque soit son niveau) se dise qu’il veut arrêter son cheval. Se donner un point de repère aide. Je vais m’arrêter au niveau d’un plot, un arbre d’un chandelier.
Moi quand je demande l’arrêt, j’avance mon nombril ce qui a pour effet de remonter légèrement les mains (faites le tests sur votre chaise c’est assez rigolo). Et sur beaucoup de chevaux ça suffit à les faire s’arrêter. J’ai tenté l’expérience avec des chevaux de course à la réforme en début de dressage, des chevaux de club, ça marche.

Ça marche un peu moins bien sur les chevaux « blasés », qui ne font plus attention à leur cavalier. Il faut se grandir un peu plus dans sa selle, en décodé sortir la poitrine pour les femmes ou les pectoraux pour les hommes, tout en étant à la même place dans sa selle (au centre, ni trop en avant, ni trop en arrière). Et il suffit de fermer ses mains progressivement sur les rênes.
C’est là que la plupart d’entre vous qui n’ont pas lu le livre de Jean D’Orgeix « Les mains et autres non dits de l’équitation » ne vont pas comprendre.
Sa méthode est vraiment intéressante. Il faut partir du principe l’on ne doit pas tenir nos rênes trop fermement tout le temps. On peut avoir une marge de manœuvre. Cette marge qui permet de renforcer notre action quand on en a besoin sans forcément ramener les mains vers nous. On peut obtenir cette liberté d’action ni nos doigts ne sont pas crispés ou serrés, que leurs bouts ne touchent pas la paume de la main (poing fermé). Les rênes sont retenues alors par le pouce et l’index (les deux doigts les plus sensibles).

J’essaierai régulièrement de mettre d’autres article du même genre, plus courts, pour être compris encore plus facilement…

Si vous souhaitez consulter le forum d’Allège Idéal, le sujet est ici.

* Je garde toujours à l’esprit la monte du cheval de course. C’est une monte très particulière. La règle est : plus je tire sur les rênes (sans lui tordre la tête on est d’accord) plus le cheval va vite. C’est la logique même. Les chevaux de course apprennent « instinctivement » cette façon de faire. C’est ainsi que lorsque vous voyez des chevaux de course au pas, les rênes sont flottantes. Le fait de « reprendre » ses rênes (gêne – rend attentif le cheval + mise du poids du cheval sur l’arrière main) et d’enchainer par la position en équilibre (soulager l’arrière main = propulsion des postérieurs facilitée) pour un cheval de course fait de suite déclic dans sa tête et il part au galop. Mais pour lui apprendre ça pas besoin de torture.
Observez les jockey, lorsqu’ils demandent de re-accélérer à leur cheval ils retendent leur rênes ! C’est ni plus ni moins qu’un bouton. Ils ne sont pas aidés par leurs jambes… Il faut donc trouver un moyen de communication autre. Les mains et le poids de leur corps suffisent.
C’est ainsi que j’ai toujours eu plaisir à monter des chevaux de course réformés. Ils sont en général plus sensibles à nos demandes.

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