Quelles que soient les notes et les critiques de la presse, Fifa 18 se vend aussi facilement que ma baguette journalière à la boulangerie du coin. Parce que quelle que soit sa qualité, Fifa est devenu un achat obligatoire, un rendez-vous incontournable pour chaque fan de foot virtuel. On ne se pose même plus la question de l’achat ou non, chaque année on retourne à la caisse car c’est le seul moyen de continuer à jouer avec les potes. Et pourtant, il y a tellement à dire sur ce Fifa 18…

Au premier abord, Fifa 18 en mets plein la vue. On sent que l’enfant prodige d’EA Sports est le centre de toutes les attentions et qu’il est peaufiné par une équipe d’acharnés du ballon rond car en terme d’ambiance tant visuelle que sonore le résultat est implacable : c’est une tuerie sans nom. De l’habillage des menus à la modélisation des joueurs (enfin des joueurs suffisamment célèbres pour avoir droit à une modélisation soignée, pauvre Adrien Rabiot…), de la modélisation des stades aux chants des supporters, de la qualité de la pelouse au rendu des maillots, tout est absolument splendide. Presque aussi splendide qu’une ouverture de Marco Verratti.

Au niveau de la quantité des modes de jeu, là encore c’est le carton plein et le sans faute indiscutable. C’est simple, il y a de quoi y passer ses soirées, ses week-ends et ses vacances jusqu’en 2029 ! Match simple, mode mon joueur, mode carrière, mode FUT, mode « Aventure », entrainements… La liste est longue comme le nombre de buts d’Edinson Cavani.

Joue la comme Hunter!

Grande nouveauté de l’opus précédent, le mode « aventure » mettant en scène la carrière du jeune espoir anglais Alex Hunter est de retour et profite d’améliorations bienvenues et non négligeables. Si les plus fashions d’entre-nous se réjouiront de la possibilité de relooker notre jeune star, j’ai pour ma part apprécié une aventure un peu moins « jouée d’avance » et pleine de rebondissements. Ce mode de jeu confirme les espoirs placés en lui l’an dernier et s’impose comme incontournable pour les possesseurs du jeu. Ce n’était pas gagné d’avance.

Le mode carrière se voit lui aussi proposer quelques nouveautés dont un marché des transferts repensé. Pour recruter un joueur il faudra ainsi évidemment parler gros sous, mais également réussir à convaincre l’agent sur le rôle du joueur dans l’équipe, négocier différentes clauses… Une bonne idée malheureusement manquée à cause de la redondance des situations. C’est scripté, répétitif et ca alourdis à mon sens inutilement les phases de recrutement. Fifa ne doit pas devenir Football Manager !

Quoi qu’on en pense, le mode de jeu star de Fifa reste Ultimate Team. Plébiscité par les joueurs, ce mode de jeu est mis en avant par EA (toutes les compétitions e-sport se déroulent sur FUT). Vu la quantité d’argent qu’il est possible de claquer, on comprend aisément pourquoi. Même si les nouveautés se font rares (on notera un nouveau mode « clash d’équipes » ou la présence sur tous les supports des joueurs légendes, disponibles à plusieurs stades de leur carrière), c’est toujours tellement addictif et tellement efficace, comme un extérieur du pied de Javier Pastore.

Ok, l’habillage est magnifique. Ok, l’enrobage est parfait. Maintenant il faut parler du cœur du jeu, de son essence, de son ADN, de son âme : le gameplay. Et là, à mon grand désespoir, tout va commencer à se gâter.

Un pas en avant, huit pas en arrière

Avant d’étayer mon propos une petite parenthèse s’impose. « Qui aime bien châtie bien ». Fifa est depuis deux décennies maintenant « mon jeu ». Je l’aime plus que tout autre, j’y ai consacré une bonne partie de mon temps de loisirs, j’y ai passé ma (courte) carrière d’e-sportif. J’aime cette licence, et malgré ce qui va suivre je considère toujours que Fifa est un exceptionnel jeu de foot. Malheureusement il part dans la mauvaise direction et ca me rends triste.

Fifa 18 se veut un peu plus lent, et c’est un fait il l’est. Pourtant je ne l’ai jamais trouvé aussi arcade qu’aujourd’hui. Comment est-ce possible ? Et bien EA a complètement flingué l’équilibre entre l’attaque et la défense. Je m’explique.

Tout d’abord, à cause de passes bien trop précises et bien trop rapides (malgré les patchs correctifs), la transition entre la défense et l’attaque se fait de manière bien trop rapide. En 3 passes et 2 secondes et demi, le ballon peut passer de votre gardien à votre ailier. Bien sur, il est possible de tricoter, de prendre son temps, de redoubler les passes. Mais on sent très clairement que l’ADN de ce Fifa est dans le jeu de transition et la contre attaque.

Ensuite, cet opus renforce l’incroyable supériorité des attaquants sur les défenseurs. Bien sur, le système de dribble de Fifa est une petite merveille : il demande un peu de skill, de la lecture de jeu, il est gratifiant et il permet de sortir des enchainements exceptionnels avec un peu de travail. Ce système existe depuis suffisamment longtemps maintenant pour que le commun de joueurs un tant soit peu doué puisse sortir de son pad une succession incroyable de dribbles. Le souci, c’est que le système de défense de ce Fifa est complètement à coté de la plaque et il devient plus facile de réussir un enchainement « passement de jambe / râteau / roulette / stop and turn » que de réussir un tacle glissé.

Enfin (même si ce n’est qu’un détail par rapport aux points précédents), malgré toutes les critiques émises l’an passé, Fifa a décidé de conserver son imbuvable système de coups de pied arrêtés qui n’apporte rien si ce n’est de la frustration et de la confusion dans ces phases capitales du football moderne.

Allez on termine avec un petit mot sur les commentateurs et le duo Hervé Mathoux – Pierre Ménès. Autant l’an passé je me moquais du ton monocorde de leurs prestations, autant cette année ils donnent l’impression de s’enthousiasmer pour un rien, en multipliant les « Cavaniiiiiii » à la moindre petite frappe mollassonne. Allez, on règle le curseur et l’an prochain c’est réglé.

FIFA18 est disponible sur PS4, Xbox One, PS3, Xbox 360, Switch et PC. Version testée : PS4.
Prix : environ 60€
Merci à EA Sports pour l’envoi d’une version de test.

LE RECAP
Ma note
7
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« Papa » de la famille de geeks, tombé dans la potion magique du jeu vidéo et de la culture geek dès mon plus jeune âge, je tente de faire partager cette passion sur le net depuis plus de 15 ans.

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