C’est dur d’admettre que l’on s’est trompé, pendant des mois. C’est dur d’admettre que l’on s’est perdu, et peut être même trahi. C’est dur de renoncer. Plusieurs sentiments inconfortables viennent s’installer, comment une impression de gâchis, un regret du temps passé et perdu, un ego douloureux.

Depuis maintenant plusieurs mois le blog a influencé ma vie de joueur, alors que c’est ma vie de joueur qui aurait du influencer le blog

Le constat est sec, sévère et implacable mais il est juste. Il m’aura fallu du temps pour m’en rendre compte, et j’ai longtemps pensé que je perdais petit à petit la flamme de l’écriture. Je suis aujourd’hui persuadé qu’il n’en est rien, et que je l’ai juste étouffé de manière inconsciente.

Il faut dire que la vie de blogueur jeu vidéo est plutôt agréable. Un nouveau jeu bientôt disponible ? On le demande poliment et 9 fois sur 10 on le reçoit dans la foulée. C’est si facile et si accessible que malgré toute la bonne volonté initiale on se retrouve à demander tout et n’importe quoi, et à le recevoir. Un véritable self-service, un open bar du plaisir vidéoludique, un fantasme d’ancien enfant fauché, ou un miroir aux alouettes…

Car à aucun moment un éditeur ne « donne » un jeu vidéo sans contrepartie, et il existe alors un contrat moral impliquant que lorsqu’on reçoit un jeu on le teste et on en parle. Et voilà comment l’engrenage infernal se referme car à moins de ne pas avoir de travail à coté on se retrouve très vite débordé et en retard. Sauf que l’actualité du jeu vidéo ne s’arrête jamais, que les sorties s’enchainent, et que l’on continue de demander des versions presse de tout et n’importe quoi. Le plaisir devient pression, la liberté s’envole, le choix n’existe plus, et jouer devient une contrainte.

Car je ne suis pas et n’ai jamais été malhonnête sur ce blog. Lorsque je parle d’un jeu, c’est que j’y ai joué, suffisamment longtemps, pour me faire un avis suffisamment pertinent pour écrire un article que j’espère intéressant. Et l’équation devient impossible. Les jeux s’accumulent sur l’étagère. La pression, tout à fait légitime, et les relances des éditeurs qui attendent la publication du test se font de plus en plus nombreuses, et les sessions de jeux deviennent routine, avec toujours cette idée malfaisante qui tourne dans la tête pendant la journée : « ce soir, je DOIS jouer à ca »…

Et l’on continue de demander tout et n’importe quoi, en pensant le plus honnêtement du monde que parmi ces jeux que l’on n’aurait jamais acheté se cache peut-être un chef d’œuvre et qu’il serait tellement idiot de passer à coté. La hiérarchie n’existe plus, et l’on ne fait plus la différence entre les jeux qu’on attendait depuis des mois et les bouses absolues. Le jeu devient un produit jetable, qu’il faut finir au plus vite parce qu’il est déjà l’heure de passer au suivant.

En résumé je me suis perdu en chemin, en allant jusqu’à remettre en cause ma passion pour le jeu vidéo. Il est temps de se reprendre en main, et d’accepter de renoncer à ses privilèges pour retrouver la flamme et l’authenticité de mon propos.

Ce blog, et plus précisément cette rubrique jeu vidéo va redevenir ce qu’il n’aurait jamais du cesser d’être : un espace libre d’expression et un lieu de partage de mes émotions de joueur

Sans pression aucune, sans rythme imposé, sans planning décidé par telle ou telle sortie, je vais continuer à vous parler de jeu vidéo avec mon style et surtout avec mon cœur. Si j’ai envie de vous saouler pendant deux mois avec 8 articles parlant du même jeu, je le ferais. Si j’ai décidé de redécouvrir un jeu âgé de plus de 7 ans, je le ferais. Et si parfois mes envies du moment collent avec l’actualité, j’en parlerais également. Mais vous l’avez compris, il est plus que temps de retrouver de l’instinct, de la spontanéité et surtout du plaisir !

Aujourd’hui, dès ce soir, j’ai envie de me plonger à nouveau sans aucune arrière pensée dans des jeux chronophages (WoW, Fifa, Football Manager). J’ai envie d’enfin prendre le temps pour des monuments que j’ai à peine survolé faute de temps (The Witcher 3, Fallout 4)… J’ai envie de jouer !

1 COMMENTAIRE

  1. C’est ce que je fais depuis 2-3 ans maintenant, Je dois demander 1 jeu tous les 2-3 mois. Après la vie de famille et avec le temps restant, je prends plus de plaisir à allumer Netflix et à jouer quand j’ai vraiment envie. (De plus en plus rarement).
    Bref, c’est normal 😉

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