Gnoméo et Juliette

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Sorti dans les salles en février 2011, je vous propose aujourd’hui de vous parler de Gnoméo et Juliette. En cette période morose de crises, cataclysmes, catastrophes, j’en passe et des pires, il n’y a rien de mieux qu’un film d’animation pour réveiller en nous l’innocence et l’émerveillement.

Tout comme Killing Bono, ce dessin animé a été sélectionné par le festival du film Anglais et Irlandais d’Ajaccio. Seul film au programme pour le jeune public, il a fait la joie de tous les enfants, ce jour-là, pour cette séance apparemment « sortie scolaire ». Pour les trois adultes non enseignants dans la salle, dont Monsieur Patate et moi-même, ce public dissipé et très bruyant n’aura pas réussi à gâcher un très bon moment. Bien essayé pourtant !

 

 

Synopsis

 

Capulet et Montaigu sont voisins. L’un voit la vie en bleu, l’autre en rouge. Ils se détestent et leur guerre s’étend à toute la maison, même au jardin, car leurs nains se détestent également. En effet, dans la journée lorsque les humains sont de sortie, les nains de jardin prennent vie et poursuivent la bataille de leurs maîtres. Mais dans cet environnement tendu ne connaissant aucune trêve, Cupidon touche Gnoméo (bonnet bleu) et Juliette (bonnet rouge). Appartenant à des familles qui sont ennemies depuis toujours et pour toujours, leur histoire d’amour commence mal.

 

Une histoire d’amour impossible, oui, ça on sait!

 

Roméo et Juliette est une véritable usine à gaz et Shakespeare n’a pas fini d’être recyclé. Enfin Shakespeare ou un autre. Car si l’on en croit Anonymous dont la sortie est prévue en janvier 2012, il ne serait pas le véritable auteur de ses pièces. Enfin bon, retournons à nos moutons, ou plutôt à nos nains. Donc adaptée à de multiples reprises en film, à l’opéra, au théâtre… cette histoire l’est maintenant en film d’animation. Petite particularité de ce remake : les personnages sont des nains de jardin. Dans le principe cela semble étrange, mais humanisés ces petits hommes proches de la nature (enfin surtout du gazon) revêtent tous les bons sentiments (et même les mauvais) des Hommes : jalousie, colère, fierté, … sans oublier l’amour.

Gnoméo et Juliette font donc les frais d’une querelle qui empoisonne le quotidien de deux familles. Ces conflits n’ont d’ailleurs pas pris une ride puisqu’ils traversent les ans et continuent à des degrés divers d’approvisionner les infos du JT.

 

 

Des personnages très charismatiques

 

Gnoméo (James McAvoy, Le dernier Roi d’Écosse) est un jeune homme fier et sûr de lui. Son meilleur ami, Benny, est un petit rigolo, à son insu. C’est lui qui va démasquer le couple interdit.

Juliette (Emily blunt, Le diable s’habille en Prada) est une jeune fille belle et rebelle qui refuse son statut de sexe faible (fragilité et innocence). Cette forte tête, qui donne du fil à retordre à son père, a pour confidente Nanette, une grenouille à grande bouche toujours de bonne humeur et éternelle romantique.

D’autres personnages emblématiques méritent également d’être cités sans pour autant en faire une liste exhaustive. Par exemple, Tybalt, au hasard, dont la voix originale est Jason (Statham bien sûr !). C’est un méchant bonnet rouge, rempli de haine. Il n’a pour but dans la vie que d’écraser les bonnets bleus et de conquérir la belle Juliette. Il y a aussi Paris, le prétendant timide et maladroit qui se résume en un mélange de geek et de poète. And last, but not least, Flamingo, le déjanté flamant rose en plastique, abimé mentalement par des années de solitude.

 

 

Un dessin animé qui n’oublie pas les adultes

 

Évidemment les enfants rient aux éclats, surtout sur des gags attendus. Mais là où nous, adultes, gloussons… c’est un grand moment de solitude, surtout quand les petits yeux des rangées de devant se fixent sur vous. Car dans ce film, les gags ne sont pas que pour les enfants (pas comme les petits écoliers de Lu).

Par exemple, William Shakespeare, apparaissant sous les traits d’une statue bavarde, conte à Gnoméo l’histoire d’amour impossible entre deux êtres, dont il est l’auteur. Pour remonter le moral de Gnoméo rien de mieux que savoir que ça s’est terminé en brioche pour eux ! Mais d’autres clins d’œil font référence à nos univers cinématographique et musical : Matrix, Moulin rouge, Borat et la formidable performance d’un nain musicien empruntant sans aucun doute les traits d’Elton John. Sexy !

 

 

En conclusion, malgré les cris stridents des nains de notre séance, on sort de la salle le sourire aux lèvres. Un peu de légèreté, beaucoup d’humour rend la vie plus belle et nous fait relativiser sur nos petits problèmes. Car oui, les nains de jardin n’ont pas toujours la belle vie. Ne l’oublions jamais.

Alors tant pis si mon voisin de pallier éparpille ses chaussures dans le couloir, il y a des choses bien plus graves dans la vie ! Bisounours Power !

 

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