Gravity Rush

0

Quand le seul angle que vous trouvez pour commencer un test est une chanson de Calogero, ça n’annonce rien de bon. Gravity Rush (Gravity Daze au Japon) n’est pas le jeu qui marquera enfin les esprits sur la PS Vita…

Allez, tous ensemble : «Wouhouhouhouuuuu…

En apesanteur !»

Gravity Rush vous met dans la peau de Kat, une jeune fille amnésique  d’environ 13 ans si on en se base sur ses réactions et d’environ 20 ans si on en croit son design très… japonais.

Et un vieil exhibitionniste, pour la route

L’aventure débute lorsque Kat se réveille à moitié à poil dans une ville inconnue sans que ça la perturbe plus que ça. Elle ne semble pas non plus trop surprise de découvrir qu’elle n’est pas une fille ordinaire mais une Gravitéenne, capable de contrôler la gravité grâce à son animal totem magique, en l’occurrence un chat (forcément).
Kat devra donc découvrir qui elle est et ce qu’elle fait dans ce lieu étrange. Mais comme après tout ce n’est pas si important, elle aura aussi le temps de filer des coups de main à la moitié de la ville en remplaçant la DDE locale par exemple. Elle découvrira aussi les affres de l’adolescence ce qui fait de Gravity Rush bien plus qu’un jeu, c’est un véritable manifeste générationnel. LOL NO.

 

 

«Dans cet ascenseur»

Le gameplay de ce BTA open world repose évidemment sur la capacité de Kat à contrôler la gravité.

La jeune fille peut léviter dans les airs, se projeter dans n’importe quelle direction et marcher sur les murs ou au plafond pendant un laps de temps limité. Le level design, tout en verticalité, est parfaitement adapté et les premières minutes d’exploration sont un vrai plaisir. Hélas, ça ne dure pas.

«Tout se mélange»

Ce paragraphe aurait pu s’intituler «Tu me fais tourner la tête» version Étienne Daho, ou même «Viens bégère» de Fatal Bazooka. Gravity Rush va vous la faire «à l’endroit et à l’envers, par devant comme par derrière, c’est clair» sans le toucher nique ta mère.

La gravité classique offre l’avantage de fixer l’axe vertical une fois pour toute. Dans Gravity Rush vous devrez vous adapter à un degré de liberté supplémentaire et surtout à ses conséquences sur la vue à la troisième personne. La désorientation est souvent au programme, surtout que le positionnement de la caméra n’est pas toujours judicieux.
Cela pose quelques soucis dans certaines phases d’exploration un peu tendues ou lors des combats, mais ce n’est qu’un détail comparé à la profonde douleur anale provoquée par l’utilisation du gyroscope de la PS Vita.

 

Même Kat a choppé la gerbe !

 

Cette invention du démon rend les parties dans les transports en commun assez horripilantes puisque dès qu’on fait appel aux pouvoirs de Kat le jeu se transforme en simulateur de maladie de Parkinson. Si vous jouez tranquillement dans votre canapé bien sûr ne tenez pas compte de cette remarque, Gravity Rush a d’autres raisons de vous faire haïr le gyroscope !

Car en effet il n’est pas uniquement utilisé comme une aide à la visée, fonction utile au demeurant, mais il contrôle un pan entier du gameplay…
Les passages de glissade (puisque c’est de ça qu’il s’agit) m’ont donné envie d’exterminer des espèces en voie de disparition pour en faire des étuis péniens crantés.

Je ne sais pas pour vous mais je n’éprouve aucun plaisir à utiliser un mode de contrôle approximatif qui n’est en plus pas foutu de s’adapter à la position du joueur. Sérieusement, si j’avais eu envie de jouer à ça j’aurais acheté une bille et une planche de bois, pas une console portable…

 

 

«Les yeux rivés Sur les étages»

À partir de là, difficile d’apprécier les qualités du titre. Oui le cell-shading flatte la rétine, oui la ville a un certain cachet, oui le level design est bon, oui la narration sous forme de cases de BD semi animées est une franche réussite, oui les pouvoirs de Kat sont bien rendus, oui il y a une relative variété dans les missions, oui il y a un vieil exhibitionniste qui joue un rôle central dans l’histoire. Mais le jeu reste tristement en déficit de fun. La faute notamment à des combats répétitifs contre des ennemis dénués de charisme, à l’exception peut-être de quelques boss qui se battent en duel.

 

 

«Que les secondes soient des heures»

Gravity Rush est une grosse déception. Ce qui m’avait paru foutrement intéressant sur un quart d’heure de jeu il y a quelques mois s’avère ultra rébarbatif à l’échelle d’un jeu entier. On voit pourtant que les développeurs étaient plein d’ambition et de bonne volonté, mais ils n’ont pas réussi à insuffler une âme à leur création.

«Alors Les yeux rivés Sur les étages Pourvu que rien n (s)’arrête le voyage»

Laisser un commentaire