La prudence ne fait pas tout

Vous entendez souvent autour de vous que l’équitation est un sport dangereux.
A cela  une réponse largement employée est : « évidemment, mais pas plus que d’autres sports ». C’est, je dois le dire, aussi mon avis. Je pense sincèrement que je « prend des risques » en montant à cheval mais pas plus que si je faisais un autre sport. Ce que je dis là n’a aucune valeur statistique, c’est juste un ressenti.Si vous voulez des chiffres, je vous envoie au bas de la page. J’ai trouvé une étude assez intéressante réalisée par un universitaire.

Je fais parti des cavaliers qui ont eu la chance de ne jamais se faire vraiment mal à cheval contrairement à des personnes que j’ai plus ou moins bien connues. Et je pense que je dois cela à un mélange subtil de chance, prudence, trouille et lucidité. Je vais vous donner quelques exemples histoire de vous raconter un peu ma vie, mon oeuvre :

  • Chance : lorsque j’étais petite j’étais assez casse cou. J’avais tendance à n’écouter que le petit diable posé sur mon épaule. Je me suis trouvée parfois dans des positions assez rocambolesques. Comme la fois (j’avais maximum 9 ans) où je suis montée sur des chevaux dans le champ à coté de chez moi alors que je ne savais pas du tout à qui ils appartenaient, si ils étaient dressés… en toute illégalité donc…
    Un autre jour, dans une reprise d’obstacle (vers l’âge de 12 ans) je tombe vers l’avant après un léger dérobé. Le cheval pour s’échapper saute au dessus de moi en m’effleurant à peine avec ses sabots… un léger bleu et la frayeur de sa vie pour ma mère…
  • Prudence : quel que soit mon âge j’ai toujours observé les poneys ou chevaux avant de les monter. Une fois mes 10 ans passés, je fait beaucoup plus attention aux risques que je prend. Ça me rappelle une balade en vacances dans les Alpes. Je ne connaissais pas le club, eux ne me connaissaient pas non plus. Ils me demandent mon niveau de l’époque  : galop 5. Ils me donnent un cheval de trait super beau ! Une fois dessus je le trouvais assez bizarre et j’étais assez sur mes gardes…
    J’ai su qu’à la fin de la balade, après m’être fait embarquée au galop, qu’il n’avait que 4 ans… et juste débourré… J’aurais pu aussi mettre cette histoire dans « chance »…
  • Trouille : si j’ai peur ou pas envie de monter je ne monte pas. J’ai refusé aussi dans ma vie de monter certains chevaux et je ne le regrette pas… J’ai aussi un peu peur de l’obstacle, ce qui me permet de ne pas jouer avec le destin trop souvent, car plus on saute plus la probabilité de tomber existe…
  • Lucidité : j’en suis fière de cette capacité. A cheval, si je ne le « sent » pas je descend. Ça m’a sauvé assez souvent. Alors vous pouvez dire que je ne sais pas ce qu’il se serait passé si j’étais restée à cheval. Mais moi j’aime à croire que j’ai bien fait.
    Une fois, en retour de balade, les chevaux devant moi commencent à s’exciter. Je monte à l’époque Mill bone qui a bien récupéré son énergie et se croit être redevenue jument de course. J’ai sauté (sans lâcher les rênes) pour éviter de me faire embarquer (et risquer les blessures ou autres accidents pour moi ou la jument). Nous sommes rentrées tranquillement jusqu’aux écuries…

Cependant, toutes ces choses ne permettent pas à 100 % de ne pas avoir d’accident… J’ai d’ailleurs j’ai eu ma première vraie frayeur de maman avec Florence la semaine dernière. Nous avions nettoyé les poneys (Tseka et Gimli), on devait aller les faire brouter de l’herbe. Un accident nous a freiné dans notre élan. Nous sommes passé près d’un box où une jument, d’habitude calme, a du avoir peur de Gimli, tenu par Florence. Pour « se défendre » elle a sorti brusquement la tête vers Florence et son poney et a touché le crane de petite Flo, qui tombe par terre. Eh bien, le crâne ça saigne beaucoup, je peux vous le dire maintenant !
Heureusement, plus de peur que de mal, la blessure était vraiment superficielle. J’aurais beau prendre le maximum de précaution avec Florence je ne suis pas à l’abris de ce genre de mésaventures.

Tout ça pour vous dire qu’avec les chevaux il faut se méfier. Il ne faut pas non plus trop psychoter mais il faut tout de même prendre le maximum de précautions pour ne pas trop tenter l’accident.

Pour en savoir plus

Je vous propose la lecture d’une très bonne analyse sur la « dangerosité » des sports. Les sports les plus dangereux, cités en conclusion, sont le motocross, le parapente, le cyclisme et l’équitation.
Même si l’exactitude des chiffres annoncés n’est pas garanti (l’auteur nous met en garde à plusieurs reprises), les différentes échelles de mesure présentées (fonction du nombre d’accidents et de la gravité) sont vraiment intéressantes.

L’auteur ne compte pas seulement le « nombre d’accidents » (parce que le foot serait particulièrement « dangereux » dans ce cas) mais fait un rapport entre le nombre d’accidents en fonction du nombre de pratiquants et de la gravité de la blessure… Un peu « compliqué » peut-être pour les non initiés mais moi, ça me parle bien (en même temps en travaillant à l’Insee j’ai intérêt).

Si vous souhaitez tenter la lecture du document, il suffit de cliquer sur le lien : Approche sociologique des sports à risque, COLLARD L.  – Université de Picardie.