Numéro Quatre (I am Number Four)

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Numéro 4 sort demain en Blu-Ray, DVD et VOD. Ma critique de Numéro 4, elle, sort dès aujourd’hui. Amazing !

Vous vous souvenez de la dernière fois où je vous ai parlé de l’adaptation cinématographique d’une série de romans fantastiques pour ado ? C’était il y a presque un an, lors de la sortie sur les écrans du magnifique Twilight Chapitre 3 : Hésitation. Déjà un an, et la prochaine dose de vampires à paillettes n’est pas prévue avant le 16 Novembre prochain. Autant dire une éternité ! Heureusement, face au succès de la saga de Stephenie Meyer, des produits de substitution sont apparus sur le marché. I am Number 4, aka Numéro 4 dans la langue de Molière, en est le parfait exemple.

I am Number 4 est donc l’adaptation sur grand écran de Number 4, qui n’est pas le quatrième mais bien le premier roman d’une série prévue pour comporter 6 tomes au total. Le créneau des vampires émo bi-curieux étant déjà trusté, Pittacus Lore (un pseudo pour les auteurs Jobie Hugues et James Frey) a choisi d’investir dans une valeur sûre : l’adolescent extra-terrestre toutes options, taillé comme un Dieu Grec et livré avec super-pouvoirs en kit. Face à l’invasion inéluctable de leur monde par les Mogadoriens, les habitants de la planète Lorien ont opté pour le plan de secours de toute civilisation extra-solaire qui se respecte en envoyant 9 enfants et leur protecteur respectif se cacher sur Terre. Ça ne vous rappelle personne ?

Un meme fait maison vaut mieux que mille mots

Ces boat people de l’espace sont un peu particuliers puisque les enfants sont destinés à devenir les protecteurs de leur peuple dans le futur (i.e. quand ils seront adultes), si toutefois ils arrivent à survivre jusque là. Car les Mogadoriens aussi sont en ballade sur notre chère Planète Bleue, et ils sont bien décidés à terminer ce qu’ils ont commencé à l’autre bout de l’univers. Seulement, comme c’est un peu trop facile (et donc pas très drôle) de s’en prendre à des gosses sans défense, ils doivent les tuer dans un ordre précis. Et comme le résume bien la couverture du bouquin :

«Three are Dead. I am Number 4».

Métaphore de l’âge Biactol

John Smith, aka Numéro 4, est un héros qui ressemble à son public : jeune, différent, en pleine mutation, et bien con. Et c’est ça qui est bon.

Maintenant que les trois premiers de la liste ont perdu leur partie de cache-cache géant avec les Mogadoriens, N°4 va devoir redoubler de prudence et se fondre dans la population. Malheureusement pour lui, les jeunes de Lorien subissent aussi les affres de l’adolescence. Et comme n’importe quel Terrien, son corps change (ce n’est pas sale). Ainsi notre jeune ET est bien emmerdé quand en plein bain de minuit avec une jeune naïade «son corps change» 😉
Et c’est là que le WTF commence, pour ne plus jamais s’arrêter.

L’adolescence, l’époque de toutes les expériences

Mais l’adolescence ce n’est pas QUE du cul. L’âge bête portant bien son nom, c’est aussi une période de refus de l’autorité et de prise de risques inconsidérés. C’est pourquoi N°4 préfère retenter sa chance au jeu du «en combien de temps je vais réussir à griller ma nouvelle identité» au lieu de patienter sagement le temps de développer ses pouvoirs et de botter massivement du cul de Mongoloïde. Et ce n’est pas comme si on lui demandait de rester enfermé dans la cave pendant 8 ans (coucou Natascha !), puisque visiblement dans le film c’est une question de jours…
C’est aussi l’âge des premiers émois, on n’échappera donc pas à l’histoire d’amour «pour la vie» de notre jeune super extra-terrestre. Et puis, il fallait bien ça pour contenter les collégiennes en manque d’Edward et Bella.

Ceci est un gif animé superflu, merci de votre compréhension

Number 4 joue donc à fond la carte de l’identification auprès des ados, en utilisant toutes les (grosses) ficelles à sa disposition : mise en danger, refus de l’autorité, changements physiques et hormonaux, romance fleur bleue, etc. Le résultat est particulièrement entendu et le reste du film non plus ne brille pas par son originalité.

Number 4 de QI

Ce film est une sorte de pot-pourri des clichés véhiculés par les teens movies américains. On dirait que les scénaristes, ou les auteurs du bouquin pour ce que j’en sais, ont suivi une to do list tirée du Teen Movies pour les Nuls et n’ont pas voulu changer la formule d’une virgule.

  • Le héros nouveau au lycée : check.
  • Le geek de service : check.
  • Le capitaine de l’équipe de football et sa clique de gros bras : check.
  • La fille mystérieuse tellement diffèrente (elle a un blog photo, c’est forcément une artiste) : check.
Dianna Agron (Glee) aurait dû suffire à me faire aimer le film

Je n’ai pas besoin de vous dire comment vont interagir ses personnages, vous avez déjà vu l’histoire cent fois. D’ailleurs, si Numéro 4 se limitait à cette hyper prévisibilité, il ne serait qu’un vulgaire navet. Mais son application obsessionnelle à reproduire des concepts éprouvés fait exploser les compteurs et lui donne une nouvelle dimension.

La 4è dimension : le Nanarverse

L’histoire de Numéro 4 réussit l’exploit d’être à la fois cousue de fil blanc et incohérente. En fin de compte, tout ce qui n’est pas piqué ailleurs n’a ni queue ni tête ! Pourquoi les enfants doivent-ils être tués dans un ordre particulier ? Pourquoi les types sensés les protéger sont uniquement armés de couteaux pourris avec des diodes de Jacky dans le manche alors que les Mogadoriens ont des fusils à plasma ? Mais bordel c’est quoi ce chien ?? En bref, on a plus de questions à la fin du film qu’au début (la plus importante étant bien sûr : WTF ?), comme si ce n’était qu’une intro à rallonge :fear:

Même les parties réussies du film (tout est relatif) rajoutent leur dose de ridicule à ce cocktail déjà surdosé. Cela s’applique notamment au cas des effets spéciaux, techniquement réussis mais mis au service d’une direction artistique en roue libre. La première scène de N°6 (SPOILER!!) en est un des meilleurs exemples en cumulant clichés et effets kitsch. Elle s’éloigne d’un bâtiment sur le point d’exploser, au ralenti, en enfilant ses lunettes de soleil avant d’être enveloppée par la déflagration dans un chatoiement criard bleu et orange.

Subtilité

Mais je vous ai gardé le meilleur pour la fin. Tous ces éléments se combinent pour devenir l’essence de Nanar que représentent les grands méchants de l’histoire, les Mogadoriens. Sorte de croisement raté entre des (caricatures de) hooligans et des requins, ces envahisseurs sont très méchants. On le sait parce qu’ils sont moches, qu’ils sont (mal) habillés en noir et qu’ils effraient les enfants volontairement quand ils les doublent sur l’autoroute (sic). Par contre on ne sait pas pourquoi ils s’amusent à envahir des planètes, pourquoi ils pourchassent les survivants, pourquoi ils s’emmerdent à passer incognito sur Terre, et pourquoi ils sont aussi bêtes. En plus, les acteurs ont bien compris que la subtilité était persona non grata et ils en profitent, ce qui offre une belle collection d’airs menaçants : actors studio ! Et comme il restait du budget, les bad boys ont eu le droit de ramener leurs animaux de compagnie. Ils se trimbalent donc partout avec leur 38 tonnes rempli de monstres mi-dinosaures mi-écureuils volants. Idéal pour ne pas se faire repérer ! Un grand moment de cinéma 😀

Une bonne tête de vainqueur

Conclusion

Soyons clairs, Numéro Quatre est un film marketé à l’extrême qui exploite la tendance du moment, le film d’ados à caractère surnaturel. N’en attendez rien de plus. Et le résultat est à la hauteur des attentes ! Les amateurs du genre y trouveront leur dose, et j’encourage les autres à passer du côté nanar de la Force en regardant le film avec un œil nouveau !

Honnêtement, passé l’effet WTF des premières minutes j’ai passé un bon moment en mode Nanar o/

Dianna méritait bien une deuxième photo <3

[box] Pour revenir sur Twilight, je vous invite à aller jeter un œil à la bande-annonce de Twilight Chapitre 4 : Révélation Partie 1 aka l’épisode où il y aura enfin du cul. Le trailer crie « NANAR !!! » dans tous ses plans, c’est merveilleux ! Ici par exemple ;)[/box]

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