PES 3DS : la honte de la famille ?

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Premier jeu de football sur 3DS, dernier représentant en date de la mythique licence de Konami, j’attendais légitimement beaucoup de ce PES 2011 3D.

D’autant plus qu’il y a plus de 15 ans de passif entre moi et cette série. Une belle histoire d’amitié commencée à l’école primaire alors qu’ISS atomisait la concurrence, et qui ne s’est pas démentie pendant presque 10 ans avant qu’on commence à se perdre de vue. Je vous ai déjà raconté tout ça donc ravalons cette bouffée de nostalgie et donnons le coup d’envoi de ce match au sommet.

PES 3DS vs Ce que j’attendais

Vous vous souvenez peut-être que je vous ai déjà brièvement parlé de ce jeu lors de la preview de la 3DS en février dernier, principalement pour louer le rendu saisissant de la 3D. Et bien mes premières impressions sur ce point sont vérifiées sans réserve ! La profondeur de champ du terrain se prête idéalement à l’exercice et cela se vérifie sur l’ensemble des vues disponibles. La vue dynamique, avec la caméra derrière l’épaule du joueur comme dans les derniers FIFA, est particulièrement immersive mais malheureusement pas la plus jouable et je suis très vite revenu à la vue classique (caméra en hauteur perpendiculaire à la ligne de touche). Cette vue a un autre avantage que la lisibilité accrue de l’action, elle donne l’illusion de regarder un vrai match depuis la tribune (ça donne un avant goût de ce que peut apporter la 3D pour la diffusion du foot à la télé o/). Pour ne rien gâcher, les graphismes sont propres si on oublie la spécialité maison (la bouillie de pixels à la place du public), le jeu est fluide et l’animation de qualité. Plus accessoire mais tout de même sympathique, on a désormais le droit aux commentaires de Grégoire Margotton et Christophe Dugarry, avec seulement 50% de commentaires complètement à côté de la plaque !

Si vous souhaitez rester sur une bonne impression du jeu de Konami, arrêtez la lecture de cet article ici. Si vous poursuivez après le prochain point, vous perdrez à jamais vos illusions.

Premier sorti, premier vendu

«Faire partie des jeux disponibles au moment de là sortie de la 3DS», voilà sûrement l’impératif qui a gouverné le développement de ce PES. Le résultat est un jeu bâclé qui gâche de belles promesses à cause d’une sortie prématurée.

Ça se traduit par des petites choses, comme les effectifs non mis à jour (ils datent du début de saison), des détails agaçants, comme l’obligation d’aller chercher le bouton start pour passer les ralentis alors qu’il est mal placé et très peu pratique, et des défauts rédhibitoires.
Commençons par l’ergonomie du menu Formation qui est un bijou de non fonctionnalité. La flemme de sortir le stylet (lui aussi particulièrement mal placé et peu pratique) pour faire un simple changement ? Pas de soucis, le jeu vous laisse gentiment une alternative : galérer avec les contrôles physiques pour passer d’un joueur à l’autre car on n’a pas le droit à une gentille liste de noms mais à des petits ronds sur un terrain schématisé. Cette merveilleuse idée permet de n’avoir ni le nom ni les caractéristiques des joueurs sous les yeux au premier regard, encore moins une quelconque indication de la fatigue (que je cherche toujours, avis aux âmes charitables) ! D’ailleurs en parlant de ça je viens de faire toute une saison sans faire un remplacement sans que ça ne change quoi que ce soit sur la forme de mon effectif…
Si seulement c’était la seule faiblesse du gameplay… Le changement de joueur automatique est navrant (mais heureusement configurable), surtout quand il amplifie un des plus gros défauts de ce PES : la passivité des joueurs contrôlés par l’IA. C’est simple, vos coéquipiers ne se soucient pas du ballon. Un de vos DC est hors de position et laisse un boulevard dans son dos ? Le latéral reste tranquillement sur son côté pour regarder le déboulé de l’attaquant adverse dans les meilleures conditions. Vous réussissez à contrer le porteur du ballon et à envoyer la gonfle dans les pieds d’un coéquipier ? Il l’ignore royalement, continue son mouvement ou le regarde rebondir sur ses pieds sans broncher. Vous faites une passe à un coéquipier ? Vos joueurs refusent de couper la trajectoire, que ce soit le destinataire ou les autres d’ailleurs. Vous centrez un ballon tendu suffisamment fort pour atteindre le second poteau ? Votre attaquant démarqué dans l’axe aux six mètres se fige et attend que le danger s’éloigne. L’IA est moisie dans le contrôle de vos coéquipiers ; elle est bien pourrie dans le choix des destinataires des passes également. Pourquoi faire une passe dans les pieds du joueur démarqué en plein dans l’axe du pad alors qu’on peut l’envoyer à 5 m du gonze planqué derrière trois adversaires à l’autre bout du terrain ? Aucune raison !
Je suis tellement déçu que je ne préfère pas vous parler du mouvement sur seulement 8 directions, des tirs de vieille qui trompent les gardiens à tous les coups, des retro-têtes surprises, de la gestion fantaisiste des transferts (Neuer à Lorient, pour moins cher que Jouffré, normal), du manque d’ergonomie des transferts, …

Étant donné l’absence de concurrence je vais serrer les dents et continuer à pratiquer ce PES, en rageant du gâchis que nous livre Konami. Mais bon, les gars, sortez vous les doigts si vous voulez que je raque pour le prochain opus. Surtout que d’ici-là je pourrais décider que la pelouse est plus verte chez FIFA…

Test réalisé à partir d’une version commerciale achetée avec mes maigres économies.

3 COMMENTAIRES

  1. Ça a clairement pas l’air terrible en effet. Maintenant, cite moi UN jeu de foot potable sur console portable. Moi je cherche encore.

    • En fait ce qui est bien relou c’est qu’il fallait pas grand chose pour en faire un bon jeu. En fait, les gros points noirs dans la mécanique du jeu sont tous liés je pense. C’est l’algo qui détermine les joueurs concernés par l’action qui chie dans la colle.

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