Quelques heures de printemps

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Après plusieurs semaines de travail acharné, une pause était bien méritée. Allez c’est décidé, vendredi soir je me fais un petit ciné. Quoi de beau au programme dans la campagne bretonne : Cherchez Hortense avec Jean-Pierre Bacri, mouais bof. Quoi d’autre ? Jason Bourne ?

Bon ça ne m’enchante pas vraiment mais ça passe. Au moins je n’aurai pas besoin de réfléchir ! Vérifiant les horaires, oh ! drame, quelle ne fut pas ma stupeur en découvrant que j’avais regardé le programme de la semaine passée. Tant pis, alors cette semaine : Les saveurs du palais avec Catherine Frot et Quelques heures de printemps avec Vincent Lindon. Ha… Un peu comme me demander de choisir entre le poisson et les champignons en fait. Alors parce que je voulais VRAIMENT sortir, va pour Vincent(s).

Abstract (et ouais, je bosse mon anglais en ce moment)

Alors c’est l’histoire d’un mec, la quarantaine bien, vraiment bien tassée. Il sort de tôle, n’a nulle part où crécher. Bref la misère grave ! (Désolée, je côtoie trop de jeunes ces derniers temps). Donc Alain (Vincent Lindon), doit maintenant se réinsérer sur le marché de l’emploi pour retrouver une vie « normale ». En attendant de reprendre ce long fleuve tranquille, il retourne vivre contraint et forcé chez sa mère, atteinte d’une maladie incurable. Yvette (Hélène Vincent, l’éternelle Madame Le Quesnoy) vit seule, veuve, dans sa maison de banlieue saône-et-loirienne. Maniaque, elle aime la propreté à outrance. L’accueil n’est donc pas forcément agréable pour ce fils indigne venant troubler sa solitude organisée au millimètre près. Le moins que l’on puisse dire est que leurs retrouvailles ne sont ni chaleureuses ni joyeuses.

Les relations tumultueuses entre un fils et sa mère

D’abord il y a le passé que l’on ne connait pas entre ces deux êtres sensés être soudés par le lien le plus fort pouvant exister. Les blessures qui semblent en résulter suffisent à rendre leur cohabitation insupportable. Un ingrédient essentiel manque pour que la mayonnaise prenne. Il s’agit du non-dit.

Cette absence de communication empêche les réconciliations et alimente la rancune. Entre deux bouchées de pain (parce que oui, dans ce film, on mange beaucoup de pain), la colère éclate mais rien n’est vraiment avoué. Les hurlements inutiles se concluent en claquements de porte. Au final l’incompréhension est complète entre ces deux êtres qui vont être séparés définitivement dans un futur proche. En effet, la maladie d’Yvette est le fil rouge de l’histoire. Ce mal grandit de plus en plus et de plus en plus vite rendant la mort proche.

La mort : un sujet encore tabou aujourd’hui

Là se posent des questions existentielles, où chacun aura sa réponse personnelle, sur la décision de vivre, de souffrir, d’en finir, où, quand, comment, pourquoi…

Yvette s’est donc renseignée méthodiquement, sachant qu’elle ne guérira plus, que son état va empirer et qu’elle ne souhaite pas traverser les mêmes épreuves que son mari. Son choix s’est ainsi porté sur la fin de vie assistée. Alain suivra-t-il sa mère sur cette idée d’acte d’auto-délivrance ? Sans porter un jugement ni prendre partie, le film met bien le doigt sur un point délicat, un sujet au combien épineux qui divise la population et même la classe politique. François Hollande a déjà vu le film et a même commandé un rapport pour le mois de décembre sur le thème de la « mort assistée » puisque ce protocole est en effet actuellement interdit en France.

Au final, l’interprétation fabuleuse (ma préférence allant pour Hélène Vincent) rend ce film
absolument émouvant et poignant. Il interpelle aussi sur des sujets de sociétés intemporels comme les déchirements familiaux ou plus « actuels » comme la fin de vie assistée (et non, médicalement assistée). En conclusion, je suis entrée à reculons dans cette salle de ciné et en suis sortie tourneboulée. Si, si je vous assure !

2 COMMENTAIRES

  1. Eh bêh !!!!
    Merci Pikachu pour ce résumé qui laisse présumer d’un bon film mais personnellement avec ce temps automnale persistant et déprimant ce n’est pas celui là que j’irais voir prochainement … En tant que bon barbare celte, le cerveau bien en veille, Jason ne passant plus dans ma contrée primitive, je vais plus m’orienter vers un bon Taken ! L’as tu vu ?

    • Salut Yvain,
      Non, je n’ai pas vu Taken. Mais il semblerait que je passe dans ta contrée primitive très prochainement. Alors peut-être pourrons nous le voir ensemble! 🙂
      Ça me changera des films sur le suicide, le dernier en date étant Monsieur Lazhar, encore un très bon moment.

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