Real Steel

2

A un peu plus de deux semaines de sa sortie le 19 Octobre, je vous livre ma critique de la nouvelle production Dreamworks avec Evangeline Lilly et Hugh Jackman : Real Steel.

Prêts pour la Roboxe ?

Dans un futur où la boxe telle qu’on la connaît a été remplacée par des combats de robots, Charlie Kenton est passé du statut de grand espoir du Noble Art à celui de pilote de robots de seconde zone. Le sort va mettre sur sa route un fils qu’il n’a pas vu depuis 10 ans et l’entraîner bien plus loin qu’il ne l’aurait imaginé, en tant que boxeur et en tant qu’homme.

En décalage

En boxe comme en cinéma, le décalage est une technique à double tranchant. Et comme un boxeur qui perdrait ses dents pour avoir baisser sa garde à contre-temps, Real Steel risque bien de finir dans les cordes pour n’avoir pas su trouver une certaine cohérence entre ses origines et les goûts actuels.

Alors que la Catalogne vient d’interdire la corrida, le film s’ouvre sur une scène de combat entre un taureau et un robot de 2,5 m de haut. Cet exemple est plutôt anecdotique mais il symbolise pourtant un des gros problèmes du film : il est complètement à côté de la plaque.

De Richard Matheson à la Quatrième Dimension

Real Steel s’inspire d’une nouvelle de Richard Matheson, parue dans The Magazine of Fantasy and Science Fiction en 1956, et de Steel, l’épisode de la série La Quatrième Dimension (Twilight Zone en VO) qui lui a été consacré l’année suivante. Contrairement au matériau d’origine, sombre et imaginé comme une réflexion sur la violence inhérente à l’espèce humaine, l’adaptation de Shawn Levy a été édulcorée pour séduire un public familial et braconner sur les terres d’autres succès du box(e) office.

« Avec un peu de chance, personne ne se rappellera que j’ai joué là-dedans ! »

Ainsi, on se retrouve avec un mélange de Rocky et Karate Kid auquel on a ajouté des robots pour appâter le fan de Transformers et s’assurer une gamme complète de produits dérivés si le succès est au rendez-vous. Mais j’ose en douter.

Car loin d’être un hommage aux films cités ci-dessus, Real Steel en est une caricature. Les ficelles sont énormes, et si ça passe bien quand il s’agit du déroulement d’un combat c’est totalement indigeste quand on en vient à la soupe sentimentaliste que nous sert le film : honneur, courage, famille, rédemption, guimauve. Entre les méchants en fait gentils, les gentils méchants et les méchants méchants, la galerie de personnages nous fait profiter de la plus belle brochette de stéréotypes de l’année. Avec les nouveaux riches de l’Est qui font une OPA sur le sport, le Japonais orgueilleux et mutique, les cyber punks (?) dégénérés et les Blacks qui contrôlent les paris clandestins, on est servi au niveau préjugés ! Pour ne rien arranger, les acteurs cabotinent à mort et même Hugh Jackman y met du sien, notamment pendant le combat final. Mais la palme de la subtilité revient sans conteste au pilote du robot boxeur du Zoo qui ferait passer Benny Hill pour un acteur plein de retenu. Je laisse le gamin (Dakota Goyo) en dehors de ça, il va déjà falloir qu’il assume ça toute sa vie :trollface: D’ailleurs, si sa tête vous dit quelque chose c’est peut-être parce qu’il incarne Thor enfant dans le film éponyme dont on vous parle ici et .

Décidément, Matheson n’est vraiment pas gâté par les adaptations de ses bouquins. Après Je suis une légende qui est un film honnête mais qui trahit totalement le livre dont il est issu, voilà un Real Steel complètement à côté de la plaque.

«C’est beau ! On se casse !» Coluche

Par contre, visuellement Real Steel est plutôt réussi. Les robots sont convaincants, que ce soit dans leurs versions animatronique ou virtuelle, et les chorégraphies (des combats, parce que ça danse aussi…) plutôt plaisantes dans l’ensemble. Entre ça, les cachets d’Evangeline Lilly, de Hugh Jackman, et les quelques titres d’Eminem pour la BO, on arrive tranquillement aux 80 millions de dollars i.e. le budget du film. On comprend donc pourquoi il n’y avait plus un kopeck pour le scénario 😀

Cette affiche a plus de qualités que l’ensemble du film

À vouloir édulcorer le propos original, Real Steel a perdu sa substance. Si l’objectif d’en faire un film familial peut le justifier, encore aurait-il fallu éviter de tomber dans la caricature et la surenchère permanente. En bref, si vous avez plus de 12 ans oubliez ce film, il n’a jamais existé.

2 COMMENTAIRES

  1. Bah moi je trouve qu’elle a une mâchoire de camionneur…

    Sinon, Shawn Levy c’est le mec responsable d’une Nuit au Musée…Donc je l’imaginais pas non plus super doué pour rendre l’ambiance originelle…

    Les nouvelles d’anticipation des années 50 ne pourront jamais être adaptées convenablement avec les ressorts du cinéma actuel. Mais je te rejoins « Je suis une Légende » était pas mal du point de vue cinéma.

Laisser un commentaire