Street Fighter : le film

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Deuxième grand classique, et – tuons le suspens dès à présent – apothéose de cette nuit un peu folle, le grand, le beau, le bodybuildé Street Fighter ! Après Super Mario Bros il paraitrait presque sensé alors qu’on est encore dans le domaine du craquage de slip décomplexé. Une œuvre d’art menée de main de maître par un Jean-Claude Van Damme roux au sommet de son art.


Le Général M. Bison, fort du succès de sa petite entreprise d’import-export de produits stupéfiants, a décidé de conquérir la planète depuis sa base secrète de Shadaloo dans un Sud-Est asiatique hypothétique. Le Colonel Guile, qui dirige les forces des Nations Alliées, dans la région ne l’entend pas de cette oreille et se dresse tout en muscles sur la route du despote mégalo.


Le casting est impressionnant avec une opposition culte entre JCVD et Raul Julia (le père dans la famille Adams), et Kylie Minogue en sidekick de charme. Ils sont tous au top de leur forme, notamment ce bon Raul qui pour son dernier rôle majeur atteint des niveaux de cabotinage record-du-mondesque. On retrouve tous les personnages de Super Street Fighter II : The New Challengers (à part Fei-Long), mais dans une interprétation très libre du matériau d’origine. Ryu et Ken sont deux petits truands, Sagat est un trafiquant d’armes accompagné de son champion ibérique Vega, Dhalsim est un scientifique contraint de travailler pour Bison, Chun-Li, Balrog et Honda sont une équipe de reporters… et le meilleur pour la fin, le clou du spectacle, la cerise sur le gâteau : Blanka. Carlos « Charlie » Blanka est un soldat des Nations Alliées, et un pote de JC « Guile » VD, enlevé par Bison et cobaye d’une expérience visant à produire des soldats parfaits (i.e. des machines à tuer lobotomisées). Le résultat de l’expérience dépasse tout ce que vous avez pu imaginer et je préfère laisser place au choc des images.


Ce Street Fighter est un morceau de choix, d’une intensité rare dans le WTF, avec un rythme jamais pris en défaut et une fin en apothéose avec un combat titanesque entre les deux rôles principaux. On est loin de l’esprit du JV, qui se rappelle par quelques éléments hilarants comme les coups de pieds retournés de Guile ou le bandeau cherokee de T Hawk. Si dans le cas de Mario on assistait à un viol de licence, là Steven de Souza (un réalisateur qui n’est pas n’importe qui) transcende l’univers du jeu et livre un bijou pour les cinéphiles qui ne se prennent pas au sérieux !


Le petit plus d’Alexis Blanchet : Capcom est partie prenante de cette adaptation cinématographique et outre son succès en salle (le film a rapporté plus de trois fois l’investissement de départ), ce long métrage continue de rapporter de l’argent au développeur japonais grâce au nombreuses diffusions à la Tv, en VOD, et au cinéma donc.


La citation pour briller en société : « For you, the day Bison graced your village was the most important day of your life. But for me, it was Tuesday. » Bison

2 COMMENTAIRES

  1. Alors là je suis outré. Tu va me faire le plaisir d’enlever le mot clé Nanar à cet article. Osez insulter ainsi ce chef d’œuvre du cinéma d’auteur…
    Parfois tu me fait honte!

    • « nanar » n’es pas une insulte, au contraire ! Il est peut-être mal choisi ici tant la démesure semble intentionnelle, mais ça n’en reste pas moins sous ma plume un gros compliment.

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