Test : The Binding of Isaac (PC)

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The Binding of Isaac est un titre indépendant dont la médiatisation est surtout due au fait que ses développeurs font partie de la Team Meat, rendue célèbre pour avoir réalisé le jeu de plate-forme 2D probablement le plus abouti de tous les temps : Super Meat Boy. Après avoir vu quelques screenshots bien alléchants et sauté sur l’occasion d’une belle promo Steam, c’est avec un capital confiance non négligeable que j’ai attaqué le test de ce jeu sorti dans une discrétion toute relative il y a maintenant quelques semaines.

 

 

Le titre remet au gout du jour avec beaucoup de second degré l’histoire du sacrifice d’Isaac (vous savez, dans le gros bouquin avec une croix dessus), tué par ses parents parce qu’un barbu dans un nuage leur en a soufflé l’idée. Sauf que dans la version de l’histoire contée par le jeu, Isaac peut mourir à la fin ! Et puis je ne vous cache pas que ça arrivera un paquet de fois car c’est vous qui le dirigerez dans ce qui s’apparente à un dungeon-crawler très exigeant et rendant notamment un hommage assez appuyé à des jeux comme Zelda ou encore Rogue (oui, ça nous rajeunit pas !) et poussant le concept du « die and retry » à son paroxysme.

 

Un Rogue-quoi ?

 

Le jeu emprunte donc les codes classiques du Rogue-like, à savoir une génération de niveau aléatoire, une progression en 2D avec vue de dessus et une difficulté particulièrement relevée. Parce que quand je disais qu’Isaac allait mourir souvent, je ne plaisantais vraiment pas. Notre pauvre avatar est bien démuni contre les dangers qui se présentent dans le sous-sol de sa maison où prend place l’aventure et n’a pour se défendre que ses larmes, faisant office de projectiles. Qui plus est son maniement, entièrement au clavier, est très délicat et nécessite une phase d’apprentissage relativement longue (mais du coup très gratifiante). Et pour enrober le tout, les sauvegardes étant impossibles et Isaac n’ayant qu’une seule vie, il faudra, pour venir à bout du jeu, finir les six actes qui le composent d’une seule traite, à l’ancienne !

Chaque acte est architecturé de la même façon, se composant d’un certain nombre de salles générées aléatoirement, à l’intérieur desquelles on trouvera notamment des monstres (qu’il faut tous éliminer pour passer à la salle suivante), et se terminant par un combat contre un boss. La difficulté augmente au fur et à mesure de la progression, mais heureusement au cours de son aventure Isaac pourra mettre la main sur divers objets lui permettant, par exemple, d’améliorer la puissance de ses larmes, sa vitesse ou sa résistance.

 

 

Une expérience pas si répétitive qu’il n’y parait

 

Du fait de la difficulté du titre, les sessions de jeu sont donc en général très courtes (un quart d’heure en moyenne) et imposent de recommencer entièrement l’aventure si l’on souhaite continuer à jouer. Ce système pourrait paraitre incroyablement répétitif mais le jeu est sauvé par un coup de génie qui rend The Binding of Isaac particulièrement addictif. Car au final, chaque aventure est totalement différente de la précédente, les salles ne seront jamais les mêmes, les ennemis et boss rencontrés changeront et surtout les objets récupérés seront à chaque fois différents. Et des objets, le jeu en compte plus d’une centaine dont l’effet, qui peut être aussi bien positif que négatif, est inconnu du joueur à priori et c’est leur découverte qui constitue une grande partie du plaisir de jeu et évite par la même occasion la lassitude de s’installer. L’autre intérêt de ce choix de design est que le joueur navigue en général complètement à l’aveugle, progresse dans des décors sans cesse renouvelés et ramasse ce qu’il trouve sans trop savoir à quoi ça va servir (un cintre, des chaussures à talon, de la nourriture pour chien, des pillules…) , ce qui ajoute un coté vraiment mystérieux à l’ambiance déjà pas très rassurante dans laquelle baigne le titre.

 

 

Parce qu’il faut bien le dire, The Binding of Isaac est un modèle de « glauquitude » et d’humour noir. Les ennemis rencontrés semblent tous issus des cauchemars du garçon et se composent de mouches, de tripes, de fœtus, de crânes, de zombies et même parfois tout ça mélangé. En plus, la collecte des objets s’accompagne systématiquement d’une modification de l’apparence du personnage, pour des résultats pas forcément joyeux. Genre je parlais d’un cintre plus haut, bah Isaac n’a pas trouvé mieux pour s’en servir que de se le passer à travers la tête, ce qui au final augmente la cadence de tir de ses larmes… bah oui, un cintre dans le crâne, ça fait mal, logique non ? (quand je vous parlais d’humour noir…). Ce design graphique tranche d’ailleurs assez nettement avec la technique qui utilise un trait assez naïf, voir enfantin, pour animer tout ça à l’écran dans un rendu efficace qui s’approche de celui d’un jeu flash. Un petit mot également sur les musiques, de très bonne factures et qui permettent au joueur de se mettre d’autant plus facilement dans l’ambiance.

 

 

Un bon p’tit jeu

 

Bon, donc ce jeu n’aurait aucun de défaut ? Il ne faudrait pas exagérer, car si la découverte des objets permet d’éviter l’écueil de la répétitivité bien plus longtemps qu’on ne l’aurait cru, celle-ci finit par pointer le bout de son nez, surtout après avoir terminé le jeu une première fois. Car si la prise en main d’Isaac demande de la pratique, une fois maîtrisée, le jeu ne présente plus vraiment de challenge autre que celui d’avoir la chance de récupérer les bons objets pour en voir le bout. On pourrait également lui reprocher un certain manque d’équilibrage et certains boss vraiment ardus, mais c’est aussi ce qui fait le charme de ce jeu sans prétention qui ne se prend pas une seconde au sérieux.

 

En définitive, The Binding of Isaac n’est donc clairement pas en passe de devenir une référence comme peut l’être Super Meat Boy. Néanmoins, il s’agit d’un bon petit jeu, qui vous procurera vraiment du plaisir et honnêtement, vu le tarif auquel il est proposé (quelques euros), c’est déjà bien plus que ce qu’on pouvait espérer.

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