Twilight Chapitre 3 : Hésitation

C’est l’histoire d’un type bien décidé à aller voir Inception et qui se retrouve devant Twilight Chapitre 3 : Hésitation. Et qui a aimé ça.

Non je déconne, il a trouvé ça à chier en fait. Oui j’ai menti, mais c’est pour la bonne cause ! C’est pour la Science ! J’étudie l’impact des phrases chocs* (genre des phrases chocs quoi) et des vampires à paillettes sur l’écosystème de Ludomaniaque. Tant qu’à faire un aparté, j’en profite pour une petite mise en garde à l’attention des lecteurs susceptibles d’aller voir les films/lire les livres de la série Twilight : cet article pourrait bien contenir autant de spoilers que l’histoire contient de niaiseries, soit environ un par ligne.

C’est donc l’histoire d’un type qui décide de clore son weekend en beauté avec un bon film, complexe et bien réalisé. Malheureusement, des centaines de personnes ont visiblement eu la même bonne idée et Inception affiche complet dans tous les cinémas alentours. « A défaut de voir un bon film, on peut toujours voir un film » se dit-il, et c’est ainsi qu’il accompagne sa belle assister à la projection d’un petit film d’auteur américain : Twilight 3. Pour bien comprendre l’histoire, précisons que notre type a déjà vu les deux premiers épisodes dans des circonstances assez similaires. Précisons également que je ne suis pas ce type, c’est juste un pote. Mais il va dans une autre école alors tu dois pas le connaître…

Twilight : Frustration

A l’origine, Twilight est une quadrilogie de romans par Stephenie Meyer, qui narrent l’indécision amoureuse chronique de la jeune Isabella Swan, déchirée entre Edward le Vampire à paillettes et Jacob le Loup-Garou indien qui n’a pas laissé sa part de protéines en poudre au voisin. Et comme on ne fraye pas sans conséquences avec des créatures surnaturelles, cela donne lieu à des intrigues diplomatico-bastonnesques entre les gentils vampires/les méchants vampires/les loups-garous/l’hymen de Bella. Le tout donne surtout une histoire profondément cucul, destinée aux jeunes filles en fleurs luttant avec les poussées d’hormones de l’adolescence.

Twilight Three(some)

Alors que les deux premiers chapitres se concentrent respectivement sur la naissance de la relation Bella/Ed et sur l’érection (hum…) du personnage de Jacob (en tant qu’amoureux potentiel et en tant que Loup-Garou), cette troisième partie focalise sur le triangle amoureux en résultant naturellement.

Comme ses prédécesseurs, le film s’englue dans les pleurnicheries incessantes d’une héroïne bête à manger du foin lors de scènes aussi longues que niaises qui ruinent le rythme de l’histoire et la rendent totalement indigeste. Si le jeu des acteurs manque cruellement d’inspiration (à côté de Kristen Stewart et Robert Pattinson, Steven Seagal et Dolph Lundgren sont des comédiens pleins de nuances), ils ne sont pas aidés par le scénario qui fait la part belle aux rebondissements aussi inattendus qu’une Paris Hilton déculottée et aussi subtils qu’une armée de clowns pétomanes organisant un enterrement de vie de garçon. Impossible dans ces conditions de s’attacher aux personnages ou à « l’intrigue ».

Reste alors la partie « conflit global » du film, celle où ça se castagne entre créatures surnaturelles, pour sauver les meubles. Manque de bol, on ne change pas une équipe qui perd et on se retrouve avec des défauts aussi handicapants que dans la partie sentimentale du métrage. La forme est plutôt réussie, avec des effets spéciaux corrects, des chorégraphies maitrisées et une certaine variété dans l’action, mais le fond est catastrophique. Il n’y a jamais véritablement de tension, notamment à cause des personnages secondaires en mousse, et en plus on enfile les contradictions et les incohérences comme des perles afin de justifier ces scènes. L’enchainement de décisions pourries conduisant au « grand » duel dans la montagne en est un parfait exemple. Et, cerise sur le gâteau, le cliffangher au rabais avec l’arrivée des grands méchants vampires tellement vilains qu’ils tuent des pauvres filles sans défense (pas Bella malheureusement), beware !

Twilight Tri Sélectif

Malgré tout, quelques passages surnagent dans ce marasme et sans atteindre des sommets il y a quand même du mieux par rapport aux précédents épisodes de la saga. L’ajout de petites notes humoristiques, principalement via le combat de coqs que se livrent les deux prétendants, est par exemple plutôt sympathique et allège un peu la sauce indigeste du film. Mais ce sont surtout les scènes de flashbacks qui s’avèrent intéressantes. Elles permettent d’étoffer le background des personnages secondaires, que ce soit les membres de la famille Cullen en racontant leur « naissance », i.e. les circonstances de leur transformation en vampire, ou la tribu indienne à travers la première rencontre avec les suceurs de sang. La scène de la mariée est particulièrement réussie et reflète tout ce que les vampires ne sont malheureusement pas dans Twilight : baroques, grandioses et pleins de panache. On ne s’attardera pas sur le gâchis incroyable d’avoir transformé une des créatures les plus terrifiantes de notre imaginaire en émo scintillant comme le skyblog d’une gamine de 12 ans…

Ces passages sont toutefois beaucoup trop anecdotiques pour sauver le film du naufrage et ils ont juste le mérite de sortir le spectateur de sa torpeur de temps en temps.

Twilight Ninja 3 : sans moustaches mais avec des bombinettes à fumée

Si vous suivez un peu le blog vous devez commencer à vous douter de mon goût pour le cinéma bis, les mauvais films sympathiques pour paraphraser le site référence Nanarland, et je garde toujours l’espoir de de découvrir un magnifique nanar derrière un film raté. Alors Twilight réserverait-il une bonne surprise aux nanardeurs avertis ?

Le film a effectivement quelques atouts à faire valoir de ce côté-là. On a déjà parlé du scénario totalement creux, des incohérences manifestes, des dialogues et du jeu d’acteurs anémiques, des personnages insipides et presque aussi débiles les uns que les autres. Est-ce qu’il est nécessaire de parler des indiens loup-garous body builders qui consomment 500 shorts en jeans par mois sans éveiller le moindre soupçon ? Ou des méchants vampires livrés avec apparition au ralenti et tapis de fumée en sous bois ? Tout ça n’est pas suffisant et là encore le film accuse des longueurs abusives qui le condamnent à rester un navet sans intérêt. Si encore le réalisateur avait eu la bonne idée de garder les plans kitchissimes du premier épisode (comme les gros plans sur le visage d’un méchant grimaçant), mais même pas.

Twilight Troyes

Malgré toute la bonne volonté du monde il n’y a pas grand chose à garder dans ce film donc je propose un reboot. Je lance la première idée et après je vous laisse la main : Jacob et Edward, lassés par l’autre potiche, nous font un remake de Brokeback Mountain et décide de célébrer leur PACS en libérant leurs instincts bestiaux et en dézingant la gourdasse une bonne fois pour toute. FIN.

* Conseil n°17 du Guide du Parfait Petit Blogueur.