3D : Délire, Douleur, Déception

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La 3D commence sérieusement à me baver sur les rouleaux, et elle ne va pas tarder à repartir avec sa bite dans un tupperware.

Une fois n’est pas coutume, je vais utiliser ces colonnes pour pousser un coup de gueule contre l’invasion de la 3D dans notre quotidien, et plus particulièrement au cinéma (et in fine profond dans nos fondements).

Délire

Après des débuts sympathiques autour des Schtroumpfs chevelus d’Avatar, Madame 3D a pris la grosse tête. Elle s’est incrustée partout, du film d’animation aux blockbusters américains en passant par le porno, et a éclipsé sa grande soeur 2D dans un bon paquet de salle. Son addition est désormais systématique dès que le budget du film dépasse les 8 zéros. Avatar, Up, Shrek, Coraline, Alice au Pays des Merveilles, Iron Man 2, Toy Story 3, Raiponce, Sucker Punch, Harry Potter et dernièrement Pirates des Caraïbes, je commence à avoir une liste consistante de tentatives et le moins que l’on puisse dire c’est que je suis loin d’être convaincu.

Déception

À part pour Avatar, Toy Story et peut-être Raiponce, la 3D est un violent échec. Si dans le film de Cameron la problématique du relief a fait partie intégrante du processus de création, dans tous les autres cas la 3D est un cheap trick ajouté à l’arrache en post prod sur deux pauvres scènes histoire de justifier l’ apposition d’un macaron racoleur sur l’affiche. Pour Pirates des Caraïbes 4, la goutte de rhum qui a fait dégueuler le vase, on nous annonce carrément que le film est «en Disney 3D !». Wouhou, génial ! E3 ça consiste en quoi ? Les sous-titres en 3D dans ta face et 40 secondes d’images en relief sur 2h20 ! Merci la Disney 3D o/

Ca qu’on nous a promis
Ce qu’on a eu

Douleur

Pour profiter de cette prouesse technologique, de cette révolution qui fait passer l’ajout du son au cinéma muet pour l’invention de l’eau tiède, il est bien normal de participer financièrement. Pauvres exploitants de salles obscures, obligés de s’équiper devant la pression populaire et pour l’amour de l’art ! Soutenons les, versons notre obole, le prix à payer est raisonn… Quoi ? 3€ par place en plus du prix du billet ? Ah mais on garde les lunettes, donc la prochaine séance sera dépourvue de cet impôt révolutionnaire ! Non ? Ça sera «seulement» 2€ ? Réjouissons-nous et courons nus dans la rue pour célébrer le 7è Art ! La place de ciné plein tarif pour un film en soi-disant 3D revient plus cher que le DVD qui ne manquera pas de sortir moins de 6 mois après, encore une victoire pour l’accès à la culture ! Prend ça dans la gueule le piratage !

Chez moi on a un mot pour ça : le racket.

Ok, la 3D c’est de la merde et c’est hors de prix, mais il suffit d’aller voir les films en 2D et c’est réglé. Je ne sais pas chez vous, mais dans mon beau quartier de la Capitale française, le taux d’équipement 3D des salles est tellement élevé que certains films ne passent QUE en 3D. À la limite, les blockbusters ont le droit à quelques séances 2D pour leur dernière semaine à l’affiche (pour les radins et les handicapés qui ne sont pas capables d’apprécier la beauté du cinéma en relief…).

Résultat, j’ai beau être matinal, j’ai mal. Non mais sérieux, j’ai l’impression de me faire DSK les fesses à chaque fois que je vais au ciné ! Alors amis réalisateurs, producteurs, gérants de salle et autres marketeux, puisque je n’imagine pas une seconde que vous allez arrêter de prostituer votre poule aux oeufs d’or, s’il-vous-plait ayez au moins la gentillesse d’y mettre un peu de vaseline.

9 COMMENTAIRES

  1. Pour 40 secondes de 3d par film, ca me fout un voile gris sur toute la durée et un super mal de crane à la sortie…

    Donc non merci, trés peu pour moi…

  2. Je suis d’accord sur la gerbance de la 3D du dernier pirates des caraïbes, mais pire que la 3D j’ai trouvé horrible cette fumée constamment à l’écran.
    Purée, ils devaient s’envoyer des engins de splifs les nobles de la cour d’Angleterre à l’époque pour que l’atmosphère soit aussi embrumée !

    La 3D n’apporte rien à ce film. au contraire, la douleur qu’inflige les lunettes plombées empêche de rentrer pleinement dans l’action. J’aurais peut être préféré le film en 2D ce coup ci…
    Et si l’option brume perpétuelle était débrayable, je serais prêt à échanger mes lunettes 3D !

  3. Après faut se dire qu’en province, c’est plutôt l’inverse et qu’on trouve encore facilement les séances en 2D.

    Ce qui m’inquiète plus, c’est que ça pourrait se propager au jeu vidéo et à la télévision. C’est vrai, à quand le jeu vidéo full 3D écran et lunettes indispensable ??

    • Y a peu de chances quand même, c’est pas bien compliqué de passer de la 3D à la 2D donc il n’y a pas de raisons d’enlever la compatibilité. On est des pigeons mais il y a des limites ! Enfin j’espère…

  4. Putain mec tu l’as dit.

    A mon sens le truc c’est qu’on s’enflamme énormément (et surtout beaucoup trop vite) pour cette innovation technologique qui n’a pas encore eu le temps d’avoir un apport au cinéma en tant qu’art.
    Ça ne reste qu’une innovation de support (comme l’arrivée de la couleur par exemple, ou plus fondamentalement du son comme tu le dis dans ton article), qui mettra un certain temps avant d’avoir une réelle influence sur le procédé de création d’une œuvre cinématographique.

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