Cowboys et Envahisseurs

5

Ce film n’a pas eu besoin de beaucoup d’efforts pour me séduire, le titre a suffi en fait, et ça fait un an que j’attends sa sortie avec impatience. De l’impatience mêlée d’appréhension quand même. Car si avec un titre pareil j’espérais une série B flamboyante et assumée, je craignais un peu de me retrouver face à un film bas du front, un fan service racoleur plein de clichés et fait à la va-vite. Et bien, on dirait que je me suis trompé.

Synopsis

James Bond se réveille en plein désert, blessé, amnésique et avec un bracelet en métal fermement attaché au bras. Il découvre alors une charmante bourgade de l’ouest américain, Absolution. Cette ville est quasi tyrannisée par Indiana Jones qui ne tardera pas à venir chercher des noises au nouveau venu. Toutefois, les querelles entre homo erectus sont vite mises de côté quand d’étranges créatures volantes viennent ravager le quartier et enlever les habitants !

Le casting

Le film est mené par un casting masculin trois étoiles composés de Daniel Craig et Harrison Ford. Histoire de diluer un peu le flot de testostérone, ils sont épaulés par Olivia « j’ai joué dans Docteur House » Wilde. Leur point commun dans cette aventure ? Jouer des personnages totalement bancals, sans profondeur et sans cohérence. Leur performance d’acteur n’est pas en cause (quoique mademoiselle Wilde ne serait pas ridicule dans un tournoi de «Je te tiens par la barbichette» avec Chuck Norris et Steven Seagal) mais l’écriture de leurs personnages et les ressorts rouillés du scénario ne leur laissent aucune chance passé la première demie heure du film. Les personnages secondaires servent eux uniquement de faire-valoir, ils partagent donc le sort peu enviable des têtes d’affiche.

La troisième voie

Refusant un statut de série B qui semblait pourtant fait pour lui, Cowboys & Envahisseurs se veut western fantastique. Un peu comme quand Bayrou s’est vu troisième homme après la Présidentielle alors que le rôle de sidekick lui tendait les bras. Malheureusement, dans les deux cas, il leur manque le plus important : des corones. Oubliez le côté badass du genre cher à Sergio Leone, ici l’histoire est plombée par le flot ininterrompu de bons sentiments déversé dans nos pauvres cerveaux. Pour être juste, la première demie heure du film ne s’en sort pas trop mal en mettant en place une galerie de personnages intéressante à défaut d’être originale. La chute n’en est que plus dure. L’arrivée des ET met un terme à tous les espoirs en révélant la vraie nature des personnages, bien résumée par cette tirade extraite approximativement du film : «J’ai vu des hommes bons faire de mauvaises choses, j’ai vu des mauvais hommes faire de bonnes choses. L’important n’est pas ce que tu as fait dans le passé, mais ce que tu fais maintenant» :musique_épique:. En gros, face aux envahisseurs tous les hommes oublient leurs différences et leur ressentiment, deviennent des frères, même ceux qui t’ont piqué l’équivalent d’une super cagnotte de l’euromillions, ou ceux qui ont mangé tes enfants et violé ton bétail. Vous allez me dire «ouai ok t’as vu, mais c’est pour séduire un public familial t’as vu*». Que nenni ! Avec la quantité d’hémoglobine répandue dans les plaines arides des States, je ne crois pas que le film ait été pensé pour occuper les enfants le dimanche matin. Ce n’est pas une boucherie non plus hein, pas la peine de s’affoler, il y a juste de quoi ne pas oublier que le Far West c’est pas la Love Parade.

En plus d’être gentillet, le scénario ne brille ni par son originalité, ni par sa cohérence. Les raccourcis foireux s’enchainent comme les Bleus chez Zahia, et je me demande même si certaines énormités ne sont pas volontaires. Difficile d’en dire plus sans spoiler, et puis rien ne sert de continuer à tirer sur cette ambulance en panne.

Un navet ?

Pourtant, même si je n’étais pas conquis à la sortie de la projection, j’ai tout de même passé un bon moment. Plus j’avance dans la rédaction de cet article et plus je me demande comment c’est possible. Peut-être que la midinette qui sommeille en moi a apprécié l’eau de rose qui éteint le feu du whisky qu’aurait dû être ce film. Peut-être que l’amateur de nanars y a entrevu un potentiel insoupçonné. Peut-être que l’enfant a gardé son goût pour les gentils qui ne gagnent pas qu’à la fin. Peut-être encore que ma critique est influencée par une attente disproportionnée. Ou peut-être un peu de tout ça.
En tout cas, si Cowboys & Envahisseurs est objectivement plutôt raté, il reste un divertissement tout à fait dans la moyenne qui meublera agréablement une morne soirée d’été. Comme le MoDem en somme.

*Oui, dans mon imagination vous dites «t’as vu» à tout bout de champ. C’est très désagréable, alors excuse toi. Maintenant.

[box] Difficile de faire plus explicite que Cowboys & Envahisseurs, mais au rayon des titres vraisemblablement trouvés par Capitaine Obvious il y avait déjà du niveau. J’ai une affection toute particulière pour Ninjas vs Zombies et sa suite Ninjas vs Vampires, mais moins que pour Lesbian Vampire Killers ! Et vous, quels sont vos titres obviously obvious préférés ?[/box]

 

Cowboys et Envahisseurs, un film de Jon Favreau au cinéma le 24 août 2011.

5 COMMENTAIRES

  1. Salut Djou ! Voilà un film dont j’avais vu la BA et qui m’avait attiré pour son côté western mais aussi tout le côté invraisemblable de l’invasion extraterrestre. Alors quand j’ai vu que toi aussi tu l’attendais avec impatience, je me suis empressé de lire ta critique. Parce que contrairement à toi… je n’ai pas osé aller le voir au cinéma lol.
    Je suis un peu déçu que le mélange ne prenne pas car au vu de la BA ça semblait tenir la route même si c’est pas le film de l’année non plus. Mais c’est pas grave par amour du western et des films un peu space je me ferai une soirée toute spéciale à sa sortie en DVD. Merci pour ta critique !

Laisser un commentaire