Wonderbook : Book of Spells

Si j’avais découvert Harry Potter plus tôt je suis sûr que j’aurais passé mon onzième anniversaire à attendre fiévreusement la lettre d’entrée à Poudlard. Malheureusement pas de chouette à l’horizon pour nous pauvres moldus ! Depuis quelques mois cependant les sorciers en herbe peuvent goûter à leur rêve grâce à Wonderbook : Book of Spells. Prêts à prendre le Poudlard Express pour la plus grande école de magie du monde ?

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Le livre des merveilles : un nouvel accessoire magique

Ce livre des sorts inaugure le Wonderbook, un accessoire exclusif à la PS3 qui joue la carte de la réalité augmentée. En effet, à travers la caméra du PlayStation Eye le livre prend vie et devient le support d’un univers animé et interactif.

L’objet est de bonne facture et prévu pour résister aux chocs avec sa couverture rembourrée et ses pages cartonnées comme dans les livres pour jeunes enfants. Il est au format A4 et comporte 12 pages au total.

Je signale au passage qu’en plus du PlayStation Eye, il vous faudra un PlayStation Move pour devenir un apprenti sorcier. Et oui, se pointer à Poudlard sans baguette c’est comme commencer une partie de strip poker en slip, on risque vite de se sentir à poil.

Harry Potter sans Harry Potter

Le Book of Spells met donc le joueur dans la peau d’un apprenti sorcier qui va devoir apprendre à maîtriser une vingtaine de sortilèges issus de l’univers du Boy Who Lived. Ou plutôt de l’univers étendu d’Harry Potter puisque si on retrouve bien l’ambiance développée dans l’oeuvre de JK Rowling le Livre des Sorts ne fait jamais allusion aux aventures de Ron, Hermione, Harry et consorts. C’est d’ailleurs une très bonne idée puisque ça crédibilise le scénario (ou son absence en l’occurrence) et renforce l’immersion, le joueur devenant vraiment un nouvel élève de Poudlard seul devant son livre magique.

Poudlard est encore loin

La retranscription de l’univers souffle quant à elle le chaud et le froid. Tantôt une franche réussite avec des détails qui font mouche (les photos animées qui illustrent les profils des joueurs par exemple), tantôt hors sujet en voulant trop en faire (choix de la Maison, …), le Livre des Sorts peine à respecter le monde magique dans lequel il voudrait nous transporter. Ce petit déficit de magie s’explique aussi par le fait que le joueur est en fin de compte moins acteur que spectateur.

Cela se traduit de nombreuses façons, évoquons ici les plus marquantes.
La narration tout d’abord occupe une place prépondérante dans ce Book of Spells. La partie littéraire de cette narration est très agréable et fourmille d’anecdotes sur l’univers des sorciers mais elle réduit la partie ludique à la portion congrue. Il est en théorie possible d’accélérer les choses en passant des bribes de texte mais dans les faits, entre l’ergonomie discutable du mécanisme et le chargement du texte suivant, il est souvent plus rapide d’attendre que ça se passe. On devrait aussi pouvoir sauter des étapes entières en tournant physiquement les pages mais sur la version presse utilisée pour ce test cela faisait invariablement planter les scripts du jeu. Il est assez frustrant de passer 10 minutes à découvrir l’histoire d’un sort pour finalement l’utiliser 15 secondes dans des mini-jeux à la qualité inégale.
Si certaines phases actives ont un vrai intérêt d’autres sont assez navrantes. L’apprentissage des sorts passe entre autres par la prononciation de leur nom, comme dans les livres ou les films en somme, sauf qu’ici le jeu se contente de n’importe quel son (dont vous n’aurez même pas besoin pour lancer le sort au final) voir d’aucun si vous persistez dans votre mutisme. Honnêtement il est assez préjudiciable à l’immersion de pouvoir lancer un Patronus en criant « Chuck Norris ! ».

Mini Poudlard pour mini sorciers

Vous l’aurez compris, le Livre des Sorts n’est pas un bon jeu. Il est en revanche un livre interactif sympathique.
Malgré la qualité toute relative du PlayStation Eye, la réalité augmentée est bien rendue et apporte une vraie dose de magie à l’expérience. A ce titre le Livre des Sorts utilise parfaitement la grande force du Wonderbook, l’interaction physique joueur/jeu. Le fait que la réalité augmentée se construise sur un livre au lieu des habituelles cartes à jouer permet en effet une interactivité plus poussée et plus crédible. La  genèse des sorts en est un parfait exemple. Chaque histoire est contée dans une sorte de théâtre de marionnettes qui jaillit du livre à la manière d’un pop-up book et que l’on peut manipuler à l’envie.

La première fois

Le Livre des Sorts est le premier jeu a utilisé le Wonderbook et c’est souvent comme ça la première fois : trop rapide, un peu maladroit, un peu confus, mais plein de bonne volonté et de promesses pour la suite. Le choix d’en faire un jeu pour les jeunes enfants pénalise à mon sens un titre qui aurait pu être beaucoup plus agréable et ambitieux en s’adressant à des jeunes ados mais si vos rejetons sont dans la cible vous devriez passer quelques heures divertissantes devant ce manuel de magie unique en son genre.