Fifa 10 : à chacun son histoire

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EA vient de sortir son FIFA annuel, c’est l’heure pour moi de sortir de ma retraite, de graisser mes chaussures et de monter mes plus beaux crampons pour partir à l’assaut des terrains du monde entier.

Après deux épisodes qui ont marqué le retour au premier plan de la série mythique d’EA Sports après de longues années de domination sans partage des PES de Konami, je me devais de me mesurer à ce qu’on annonce comme la référence du jeu de foot sur console. C’est l’occasion pour moi de reprendre ma carrière de footeux virtuel, injustement stoppée en pleine gloire suite à une terrible blessure (rupture des ligaments croisés de la carte graphique). Ma dernière expérience remonte à PES 2006 sur PC et je n’ai pas touché à un FIFA depuis l’édition 99, le défi s’annonce donc ardu mais rien n’arrêtera mon flamboyant come-back !

Aux commandes du FC Nantes

Pour débuter ma nouvelle carrière, toutes les portes me semblent ouvertes. Malgré mon manque d’expérience et ma faible renommée, je peux prendre les rênes de n’importe quel club dans une des 30 ligues officielles du jeu ! Et c’est ainsi que Bobby Sixkiller, fatigué de sa seconde vie (chasseur de primes dans les plaines arides du Grand Ouest Américain) devint le nouveau manager du FC Nantes tout juste relégué en Ligue 2.

A grand club grande ambition ! Le Conseil d’Administration a été clair, il n’acceptera rien de moins qu’un titre de Champion de L2 et une qualification pour le 3è tour d’une coupe nationale. Cela ne m’effraie pas, après tout « qui fraye avec le Rebelle, n’est pas une pucelle » !
Le calendrier de pré-saison a été décidé avant mon arrivée et je découvre donc mon effectif lors de la première rencontre amicale de l’été face à Brest. Premier constat, la gestion de l’effectif aurait pu être optimisée et je suis pris par une vague de nostalgie en repensant au système si pratique de surbrillance indiquant les postes des joueurs chez mon vieil ami PES. Tant pis, il faudra juste que j’apprenne à connaître mon effectif sur le bout des doigts, et pour l’instant je fais confiance à la formation par défaut pour me lancer dans la bataille.

Une seul mot d’ordre : le travail

Les commandes sont assez intuitives, même pour un habitué de PES, et cette première rencontre se passe plutôt bien, les Canaris profitant même de la puissance de Darcheville pour inscrire le premier but de notre aventure commune. Le match se termine finalement sur un score de parité logique au vu de la partie.
Les premières foulées sur les pelouses de FIFA10 laissent augurer de longues heures de plaisir vidéoludique tant la réalisation et le soin apporté au gameplay sont bluffants. Pour ne retenir que les exemples les plus frappants, les dribbles à 360°, la physique du ballon et la gestion des collisions font une grosse impression et renforcent clairement le réalisme du titre.

L’avant-saison se déroule sans accroc, à part quelques légères blessures, avec en point d’orgue une confrontation intense face au Chievo Verone. Grâce à un début de match tonitruant, mes hommes mènent 2 à 0 à la 65è minute et là…c’est le drame ! 2 buts coup sur coup pour les Italiens, dont un but venu d’ailleurs (du genre marqué depuis la ligne de touche à 35 bons mètres de la ligne de but), nous ramènent à la dure réalité de la compétition et font naître quelques inquiétudes concernant la solidité de notre secteur défensif. Mettant ces errements sur le compte de la fatigue due à une préparation exigeante (et à ma méconnaissance du système d’upgrades du club propre aux FIFA récents), nous nous concentrons désormais sur l’entame du championnat.

Le jeu se révèle assez exigeant, notamment en termes de placement et de tactique. Un petit plus agréable pour le passionné. La puissance physique semble aussi avoir une importance prépondérante, ce qui reflète assez bien le football actuel, et il faudra souvent jouer des coudes pour remporter un duel. Mais du coup il est dommage que l’arbitrage souffre d’un léger déséquilibre en faveur de l’équipe contrôlée par l’IA, d’autant plus que même les plus faibles équipes du jeu ont un taux de réussite incroyablement élevé sur les coups francs directs… Autre petit reproche, le comportement des gardiens est parfois franchement à côté de la plaque, notamment sur les sorties aériennes.

Échouer, pour mieux rebondir

Nous nous contentons d’un frustrant partage des points en ouverture du championnat, encore une fois rejoints au score dans les dernières secondes de la rencontre par un adversaire largement à notre portée. Le début de saison s’avère un peu décevant et nous devons attendre la 4è journée pour remporter notre premier succès. Avec 6 points en 4 matchs nous pointons déjà à 6 points du leader Châteauroux, mais notre série d’invincibilité pousse à l’optimisme. Cette victoire est d’ailleurs le tournant de notre saison, et le match suivant nous offre enfin des certitudes : défaite sans appel 3 à 0 face à Istres. L’organisation défensive, qui a fait illusion jusque là, vole en éclats. Mes réflexes forgés sur la série de Konami me jouent des tours. Ici, le mot simulation prend tout son sens et la moindre erreur de placement crée des brèches où s’engouffrent les attaquants adverses. Il s’en suit une série noire de quatre défaites sur des scores apocalyptiques qui me font perdre la confiance du CA et transforme mon banc en siège éjectable. Une seconde victoire en championnat vient légèrement éclaircir notre horizon à la veille de notre entrée en lice en Coupe de la Ligue face à Brest.

Coupons court au suspens, pas de miracle pour les jaunes et verts. Un contre assassin vient éteindre mes derniers espoirs de conserver mon poste. Cette élimination est synonyme de retour à la case départ pour Bobby Sixkiller ! Cet échec m’oblige à une profonde remise en cause. Les centaines d’heures passées sur PES ne me servent (presque) à rien désormais, il faut repartir de zéro ! Ce FIFA renvoie mes précédentes expériences à la Préhistoire. C’est comme passer de Kick Off à ISS ! J’exagère, bien sûr, mais en trois ans un vrai gouffre s’est creusé en termes de réalisation et de réalisme.

Le mode Carrière ne vous réserve pas de Game Over, mais offre au contraire la possibilité de rebondir dans un club correspondant à votre niveau de réputation (influencé par vos résultats). C’est ainsi que je traverse la Manche pour rejoindre Exeter, charmante cité anglaise, pensionnaire de la quatrième division locale. Mais ceci est une autre histoire…

1 COMMENTAIRE

  1. Nous venons à l’instant de recevoir un communiqué de presse du club anglais d’Exeter :
    « Suite à la brillante saison réalisée par l’équipe première, se soldant par une finale de Coupe et une 5è place en Championnat, le Conseil d’Administration du Exeter City Football Club a décidé à l’unanimité de reconduire le manager, M. Sixkiller, dans ses fonctions pour une année supplémentaire. Le CA souhaite le féliciter pour le travail accompli sur et en dehors du terrain, tant sur le plan sportif que sur le plan financier.
    Forts de cette confiance, nous souhaitons relever de nouveaux défis et assurons les supporters de notre volonté d’installer le club durablement dans le première quart du Championnat. »

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