No More Heroes (Wii)

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Premier test de notre tour d’horizon des jeux Wii « pour les grands » avec No More Heroes, qui bien que sorti depuis près d’un an et demi, est un OVNI vidéoludique sur lequel on ne pouvait pas faire l’impasse.

Le père de No More Heroes est Goichi Suda, plus connu sous son pseudo de Suda 51, président et game designer du studio Grasshoper Manufacture. Son nom ne vous dit peut-être rien mais vous connaissez sûrement une de ses productions : Killer7 (GC et PS2) ou Flower, Sun and Rain (DS) par exemple. Pour leur première production Wii, les japonais de Grasshoper Manufacture sont restés fidèles à leur marque de fabrique en livrant un jeu original et décalé (et même bien barré).

Une ville pour onze

No More Heroes se déroule dans la ville de Santa Destroy et vous incarnez Travis Touchdown, un jeune tueur à gages dont le but est de devenir le n°1 du secteur (à défaut d’être n°10 dans la team de Booba). Il vous faudra pour cela battre les 10 assassins vous devançant au classement, chaque victoire vous faisant progresser dans l’histoire. Vous êtes libres d’avancer à votre rythme et d’explorer la ville pour effectuer diverses missions annexes vous permettant de gagner l’argent nécessaire pour régler les droits d’inscriptions aux combats classés ou d’acheter divers accessoires. L’histoire est contée à travers de nombreuses cinématiques et des dialogues de qualité où l’humour, assez graveleux, tient le haut du pavé. Le scénario est servi par le talent du maître, Suda 51, qui nous a réservé un game design original et cohérent. Les graphismes sont réussis (ça reste quand même de la Wii bien sûr…) avec une mention spéciale pour Travis et les assassins du classement, et le petit plus qui fait la différence est la touche 8 bit qui crée un décalage très sympathique.

On peut distinguer trois « gameplays » différents au sein d’une même partie :

  • Les assassinats : c’est le cœur du jeu. Dans ces phases de Beat Them All on dirige Travis avec le Nunchuk et on utilise les boutons des manettes pour frapper, l’inclinaison de la Wiimote servant à distinguer les coups haut et bas. Bien que la palette de coups soit correcte en quantité, le jeu n’encourage pas vraiment à varier ses attaques, ce qui rend les combats contre les ennemis lambda assez rapidement lassants. En outre, ces derniers se ressemblent tous ce qui en plus d’être monotone n’aide pas à l’immersion. Ces défauts nuisent au fun du jeu et c’est d’autant plus dommage que NMH réserve de bonnes surprises : le sabre laser dont on doit gérer la batterie, les « finish », le côté obscur. De plus, les combats contre les assassins du classement sont eux vraiment réussis et justifient presque à eux seuls les efforts nécessaires pour avancer dans le jeu.
  • Les petits boulots : ces missions permettent à Travis de se faire de l’argent de poche. Elles apportent un peu de variété entre deux missions orientées baston et sont plutôt agréables à jouer.
  • L’exploration de la ville : LE gros point faible de NMH. Travis peut aller et venir à sa guise dans Santa Destroy, génial ! Et bien non, c’est juste horrible. La ville est assez moche, elle est quasi déserte et il n’y a presque rien à y faire (à part rejoindre les lieux où se déroulent les missions détaillées ci-dessus). Ca fait beaucoup moins envie d’un coup, non ? Et bien ce n’est pas le pire. Se balader dans les rues tient plus de la torture psychologique que de la promenade dominicale. Le seul moyen de transport à votre disposition est une énorme moto qui procure autant de sensation de conduite qu’un caddie de supermarché, sans roues, et autant de plaisir que de se mettre du verre pilé sous les paupières. Dans ce cas, pourquoi ne pas y aller à pieds ? Parce que c’est long, très long, d’autant plus qu’aucune distraction ne viendra briser la monotonie de votre trajet. Le clou rouillé du spectacle étant que si vous échouez lors d’une mission vous ne pouvez pas la retenter directement : vous devez faire l’aller-retour entre le lieu de la mission et l’endroit où elle vous a été attribuée (le Pôle Emploi local). Autant vous dire que quand ces points sont diamétralement opposés sur la carte, un grand découragement vous envahit.

Nique le CSA (©Didier Morville)

No More Heroes est classé 16+ dans notre douce contrée pour la violence et la teneur de ses dialogues (sexe, violence,…). Et pourtant la version européenne est censurée (tout comme la version japonaise, seule la version américaine n’est pas censurée) ! De qui émane cette censure ? De Grasshoper Manufacture eux-mêmes bien sûr ! Le studio japonais a apparemment eu peur qu’une interdiction aux moins de 18 ans le coupe d’une trop grosse partie du public de la Wii. La censure porte sur le côté gore du titre en supprimant les gerbes de sang et les démembrements qui accompagnaient les mises à mort. Certaines cinématiques sont également impactées, des corps ayant carrément été supprimés, les rendant parfois incongrues. Le problème est que cette démesure dans la violence contribuait beaucoup à créer l’ambiance du titre en lui donnant une dimension Kill Billesque, et que l’intérêt du jeu s’en ressent. Conscient de ce problème, Suda 51 a dors et déjà annoncé que deux versions de la suite de NMH (prévue courant 2010) seront disponibles : une « normale » correspondant au niveau de censure des versions euro-jap, et une version « extrême » non censurée.

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