Ruined King : a League of Legends Story

Le spin-off discret signé Riot Games
Le spin-off discret signé Riot Games

Alors que le succès de League of Legends ne faiblit pas, Riot Games part à la conquête de nouveaux marchés pour capitaliser sur son univers gigantesque et ses plus de 150 personnages déjà développés. Après Teamfight Tactics et Legends of Runeterra, c’est avec la sortie de la série d’animation « Arcane » (disponible sur Netflix) que le géant américain a frappé un énorme coup. Riche, profonde, et dotée d’une réalisation graphique et musicale absolument irréprochable, la série s’est imposée dans le cœur des fans comme des néophytes de League of Legends.

Faire du neuf avec du vieux

Mais pour continuer son expansion, Riot a décidé d’aller chercher un public différent, peut-être un peu plus mature, en s’attaquant au RPG avec son spin-off « Ruined King ». Pour ce premier opus, plutôt que de partir d’une feuille blanche, il a fait appel au studio de développement « Airship Syndicate » et plus précisément à son jeu déjà existant « Battle Chasers: Nightwar ». Loin d’être un titre entièrement original, Ruined King est en très large partie une copie relookée de ce jeu sorti en 2017.

Un casting hétéroclite et alléchant

Prenant place à Bilgewater et sur les îles obscures, le jeu nous propose de combattre Viego, l’un des personnages récents du lore de League of Legends, qui perturbe la région entière à l’aide de la « Brume ». Pour ce faire, une équipe de choc se constitue au fil de la progression mettant en scène Miss Fortune, Illaoi, Braum, Yasuo, Ahri et Pyke. Avec une patte graphique soignée et très reconnaissable, le titre alterne alors entre des phases de déploiement / exploration et des phases de combat au tour par tour d’un classicisme clairement assumé. Points de vie, mana, attaques rapides, sorts à incanter, potions et équipement rythment ainsi la progression de l’histoire. La personnalisation des personnages (via des runes à répartir afin d’améliorer les différentes compétences) et les différents sorts « ultimes » propres à chacun permettent des constructions d’équipes différentes et laissent places aux expérimentations.

Choisir sa voie

Seule originalité du gameplay lié aux combats, le système de « voies ». Pour chacun des sorts à lancer, le joueur peut choisir entre trois vitesses d’incantation (rapide mais peu efficace, moyen, lent mais très efficace). Cela déterminera le moment de sa prochaine action mais placera également son personnage sur une « voie » correspondante. Cette voie permettra d’atteindre des bonus, d’éviter des malus, ou encore de « casser » la défense de l’ennemi. Un système riche, qui apporte un supplément tactique indéniable, mais qui reste brouillon et difficile à appréhender durant les premières heures de jeu (d’autant que les différents tutoriaux sont imbuvables).

La voie (en bas de l’écran), parfois confuse

Ce gameplay très efficace, à la difficulté habilement dosée (à condition de jouer au minimum en difficulté Vétéran), est porté par une technique parfois défaillante. Si les phases d’exploration sont très réussies avec une patte graphique charmante et des scènes qui fourmillent de détails, les phases de combat sont de leur côté tout juste passables. D’un coup, les modèles 3D des différents héros perdent en richesse et le lancement des « ultis » sont d’une qualité indigne des productions actuelles. Il est à noter qu’aucun patch « next-gen » n’est encore disponible et que mon aventure a été ponctuée de nombreux crashs du jeu.

Une aventure sauvée par la richesse de son univers

Il m’aura fallu une bonne trentaine d’heures, en prenant mon temps et en accomplissant de nombreuses quêtes secondaires, pour venir à bout de l’histoire au scénario un peu convenu. Cette durée de vie est allongée artificiellement par de nombreuses quêtes « FedEx » dispensables et un système de navigation souvent laborieux. Certaines quêtes sont d’ailleurs confuses et m’ont obligé à trouver les informations nécessaires sur des sites dédiés. Pour autant, jamais l’ennui ne m’a guetté. Par son humour assez juste, ses nombreuses références à l’univers de League of Legends, ses morceaux de Lore disséminés un peu partout et surtout son gameplay parfaitement calibré, Ruined King est une réussite aussi discrète que surprenante.

Ruined King : a League of Legends Story est disponible sur PC, Playstation, Xbox et Switch pour environ 40 euros. Jeu testé sur PS5 à partir d’une version commerciale.

Stephane
"Papa" de la famille de geeks, ancien président des associations "Virtual Sports" et "Nustrale Gaming", je suis tombé dans la potion magique du jeu vidéo et de la culture geek dès mon plus jeune âge. Je tente de faire partager cette passion sur le net depuis plus de 20 ans.