The Maw

Citez moi un monstre rondouillard qui avale ses ennemis pour piquer leurs pouvoirs. Kirby ? Nope, Chuck Testa ! Euh non plus, c’est The Maw !

Développé par Twisted Pixel (Splosion Man, Comic Jumper) et sorti sur XBLA et PC en 2009, The Maw vous met dans la peau de Franck, un extraterrestre capturé par de méchants zoologues qui crashent leur joli vaisseau spatial sur une planète inconnue (le karma sûrement !). Et comme dirait l’autre, « Quelque chose a survécu ». Cette chose c’est The Maw, une sorte de blob très vorace qui a la particularité de reproduire les caractéristiques des créatures qu’il engloutit. Franck sera la tête, The Maw les jambes, ou les muscles plutôt, ou les tentacules, ou le slime en fait.

Au fur et à mesure de ses ravages sur la faune locale, The Maw va connaitre une fulgurante poussée de croissance qui lui permettra d’engloutir des obstacles de plus en plus gros. Chaque niveau consistera donc à dévorer suffisamment de créatures innocentes pour que The Maw atteigne la taille requise pour passer à la suite.

Maintenant que j’y pense, The Maw ressemble à une métaphore de l’adolescence : une poussée de croissance fulgurante, un appétit insatiable, un personnage tout mou qui se cherche une identité en copiant celle des créatures qui l’entourent, un rire gras et bête, la découverte des psychotropes et ce pauvre Franck qui joue le rôle du parent un peu dépassé qui essaie tant bien que mal de guider son protégé dans la bonne direction. Fermez les yeux vous y êtes. Il ne manque plus que les mobylettes et les hormones en folie. Quoique, on peut aussi interpréter ça sous un angle purement sexuel et The Maw serait alors la représentation physique de la libido gluante et grandissante de notre ami Franck ! Enfin je dis notre ami mais c’est plutôt le votre en fait, c’est quand même un gros pervers !

The Yawn

Malheureusement, même les théories les plus fumeuses ne sauveront pas The Maw de mon courroux vengeur !

Les premières minutes de jeu sont à ce titre bien cruelles. En effet, le premier contact est des plus prometteurs. The Maw bénéficie de graphismes colorés bien loin de trahir les 4 années écoulées depuis sa sortie, ce qui contribue à l’ambiance sympathique qui se dégage du titre. De plus, le concept est original et la simplicité du premier niveau le présente sous son profil le plus favorable.
On s’amuse des mimiques des deux héros, on prend plaisir à fouiller le niveau, on est conquis. Ça fait 30 minutes qu’on joue, on passe un bon moment, on aurait dû s’arrêter là.

Car c’est le moment où la côte de sympathie de The Maw atteint son maximum.
Ensuite, on remarque les petits problèmes de gameplay et l’ergonomie un rien bancale. Rien de grave, juste une somme de détails agaçants qui finissent par rendre le jeu désagréable.  L’impossibilité pour Franck de marcher sur un plan incliné hors des chemins balisé m’a donné des boutons par exemple, pas vraiment pour ce que ça dit sur le level design mais parce qu’il met trois plombes à se relever. Dans le genre cassage de rythme je demande le frère : impossible de bouger pendant que Franck appelle The Maw, 2 secondes de blocage à répéter mille fois avec bien sûr une seule animation à « admirer ». On retrouve d’ailleurs le même soucis dans les animations de The Maw qui nous sert toujours la même cut-scene à chaque changement de taille et surtout à chaque fois qu’on débloque la sortie d’un niveau. Je peux comprendre que les développeurs n’aient pas le budget pour personnaliser ces scènes de transition mais c’était pas compliqué de donner la possibilité au joueur de les zapper, si ? Du coup le jeu perd tout semblant de fluidité et s’englue dans ses propres mécanismes.
Autre choix discutable, impossible de placer la caméra en contre-plongée ce qui s’avère super pratique dans les niveaux offrant un peu de verticalité ou pire dans celui ou le pouvoir de The Maw force Franck à être allongé au niveau du sol. Le fait de ne pas pouvoir « lever la tête » donne un petit effet oppressant dont devraient s’inspirer certains jeux horrifiques ! Ils pourraient aussi piquer les ignobles musiques d’ascenseur de The Maw pour une scène à la Twilight Zone…

Le jeu a d’autres qualités, notamment le bon goût de renouveler son gameplay régulièrement, mais The Maw est à réserver pour occuper vos enfants un après-midi pluvieux. Ce sont les seuls assez patients et assez bon public pour en profiter !